De l’expérimentation à la liquidation : l’université Paul-Valéry en route vers le Grand Établissement

Ce jeudi 09 juillet, le Conseil d’Administration de l’Université de Montpellier Paul-Valéry a décidé par un vote à la majorité de “la transmission au Ministère de la demande d’initiation du processus de transformation de l’EPE en Grand Établissement.”

Seule organisation étudiante présente, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM s’y est opposé.

Il s’agit d’une modification institutionnelle supplémentaire, après 2 ans de statut transitoire en tant qu’EPE (Etablissement Public Expérimental), qui vise à transformer l’université en “Grand Établissement” d’ici mai 2027, et ainsi à graver dans le marbre une sortie du cadre régi par le Code de l’Éducation. Lors du passage en Établissement Public Expérimental en 2024, contre lequel le SCUM avait été à la pointe de la mobilisation, nous avions dénoncé cet engrenage vers davantage de sélection sociale et vers une augmentation des frais d’inscription

“Ces logiques donnent ainsi davantage de liberté aux enseignants pour aggraver les politiques de sélection sociale qu’ils mettent déjà en œuvre. Pour rappel, à l’Université Paul-Valéry, seules 21,82% des demandes en Master sont acceptées.

D’un point de vue plus trivial, nous notons aussi que la nouvelle dénomination de cet établissement expérimental, « Université de Montpellier Paul-Valéry », réduit sa visibilité en la faisant apparaître comme subalterne de l’autre université de la ville, l’Université de Montpellier (UM). Ainsi, en tentant de s’inscrire dans des logiques concurrentielles qui la dépassent, l’Université Paul-Valéry efface davantage son identité au sein de l’écosystème de l’enseignement supérieur régional.

Mais surtout, cela permet de sortir l’université du Code de l’éducation, qui réglemente les frais d’inscription en Licence et Master. 

Dans un contexte où le gouvernement Macron augmente la pression budgétaire sur les universités et ou l’Université Paul-Valéry était déjà l’université avec le moins de dotation budgétaire par étudiant, le passage en « Établissement Public Expérimental » (EPE) prive les étudiantes et étudiants de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 de la seule garantie, à moyen terme, que les frais d’inscription n’augmenteront pas.”

Alors que les frais d’inscription pour les étudiantes et étudiants issus de pays non-européens atteignent désormais jusqu’à 3941€ par an, le gouvernement a annoncé le mois dernier qu’il réfléchissait une augmentation des frais d’inscription entre 800€ et 1 500€ pour l’ensemble des étudiantes et des étudiants. Ces mesures visent à faire payer aux étudiantes et étudiants les pots cassés des politiques budgétaires austéritaires du gouvernement.

A l’Université de Montpellier Paul-Valéry, la présidence a expliqué avoir besoin de 16,75 millions d’euros supplémentaires par an afin de fonctionner correctement. Dans le même temps, elle se voit réclamer par le Ministère de l’Enseignement Supérieur des “mesures” afin de faire des économies et d’augmenter les recettes financières. Dans ce contexte, la poursuite d’une modification du cadre réglementaire de l’université fait littéralement sauter tous les verrous : possibilités de baisser davantage le nombre d’étudiantes et d’étudiants inscrits, durcissement de la sélection à l’entrée de la Licence et du Master, augmentation des frais d’inscription …

Dans tous les cas, au-delà du vote d’aujourd’hui, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier réitère sa promesse : nous continuerons à lutter, par tous les moyens à notre disposition, pour que chaque étudiante et chaque étudiant puisse avoir le droit à un avenir.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr 


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