2895€ par année de Licence et 3941€ par année de Master : l’Université Paul-Valéry en guerre contre les étrangers et les pauvres.

Les enseignants-chercheurs qui dirigent l’Université de Montpellier Paul-Valéry ont tranché. Les nouvelles étudiantes et nouveaux étudiants internationaux hors Union Européenne devront s’acquitter dès septembre de frais d’inscription différenciés de 2895€ par année de Licence et de 3941€ par année de Master.

En effet, lors du Conseil d’Administration de ce mardi 09 juin de l’Université de Montpellier Paul-Valéry, 17 représentants des enseignants et personnels ont voté contre la motion que nous avions déposée afin que les frais d’inscriptions différenciés ne soient pas appliqués à l’Université de Montpellier Paul-Valéry. Seuls 7 membres de cette instance dirigeante de l’université ont soutenu la gratuité de l’enseignement supérieur, et 6 se sont abstenus.

Cette motion avait été soumise au vote par le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), et avait été rédigée par un large collectif d’organisations syndicales et associatives (SCUM, RUSF34, CGT, SESL, LPL, SUD Education, SNESUP-FSU, SNASUB-FSU et LPL).

L’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers : une longue histoire xénophobe

Pour rappel, déjà en 2018, le gouvernement avait mis en place un dispositif ironiquement dénommé “Bienvenue en France” qui prévoyait de multiplier par 16 les frais d’inscription pour les étudiantes et étudiants venant de pays hors Union Européenne. L’addition pour ces étudiantes et étudiants était déjà exorbitante : à 2770€ l’inscription en Licence et 3770€ l’inscription en Master et Doctorat.

Suite à une forte mobilisation nationale, le gouvernement avait finalement reculé sur plusieurs aspects : les frais d’inscription n’augmentaient pas pour les Doctorants et les universités étaient finalement autorisées à exonérer les autres étudiantes et étudiants dans le cadre des “exonérations présidence”. Ce dispositif, cadré par le code de l’éducation, autorisait à exonérer les frais d’inscription jusqu’à 10% des non-boursiers.

Dans les deux universités de Montpellier, la mobilisation menée par le SCUM à la fin de l’année 2018 et au début de l’année 2019 a permis d’obtenir l’exonération automatique des étudiantes et étudiants soumis à ces frais d’inscription différenciés.

Cependant, à l’Université de Montpellier Paul-Valéry, malgré les alertes du SCUM en 2021, l’université s’est retrouvée en 2022 à dépasser son plafond légal d’exonérations de 10%.  Accueillant près de 40% d’étudiantes et d’étudiants bénéficiaires d’une bourse, le nombre d’exonérations légalement possibles s’est retrouvé dépassé.

La présidence de l’université avait donc décidé d’appliquer les frais différenciés aux redoublants. Le SCUM avait proposé, pour éviter cette mesure élitiste et xénophobe, de payer les frais d’inscription via l’argent issu de la taxe étudiante CVEC. La présidence de l’université avait alors ignoré la proposition, invoquant des prétextes légaux et moraux.

Cependant, le SCUM n’avait pas baissé les bras et avait fait voter une motion officielle en Conseil d’Administration pour faire modifier par le ministère la méthode de calcul des “exonérations présidence”. L’objectif était de pouvoir légalement exonérer de leurs frais d’inscription davantage d’étudiantes et d’étudiants, français comme étrangers. En parallèle, nous avons déposé une question officielle au gouvernement, par l’intermédiaire du député Louis Boyard, déposé une question officielle au gouvernement. Ce dernier était dans l’obligation légale de répondre à cette interpellation d’un membre du parlement, mais à littéralement enfreint la loi et refusé d’y répondre. 

Dans un contexte de baisse des dotations financières et après plusieurs années de bras de fer budgétaire entre l’Université Paul-Valéry et le Ministère de l’Enseignement Supérieur, ce dernier, après avoir échoué à faire rejeter le budget 2026 de l’établissement, s’est livré à une nouvelle forme de pression : il était fortement suggéré à l’université d’appliquer de façon complète les frais d’inscriptions différenciés pour le budget de l’année 2027. Ainsi, pour masquer sa propre politique d’austérité, le gouvernement voulait que ce soit les étudiantes et étudiants venant de pays hors Union Européenne qui paient les pots cassés de ses choix budgétaires.

Finalement, le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Philippe Baptiste, est rapidement passé de la suggestion à la coercition : le 19 mai 2026, il a publié un décret généralisant les frais d’inscription différenciés pour les futurs inscrits en Licence et Master et limitant fortement les possibilités d’exonération dont disposent les universités. Ces rares possibilités d’exonérations qui subsistent semblent rédigées afin de maintenir, par ce tri, une fuite des cerveaux depuis les pays anciennement colonisés par la France.

Au final, les nouvelles étudiantes et nouveaux étudiants internationaux hors Union Européenne devront s’acquitter de frais d’inscription différenciés de 2895€ par année de Licence et de 3941€ par année de Master.

Le SCUM continue le combat contre la sélection sociale et raciste.

Nous rappelons que l’annonce de ces frais d’inscription différenciés s’inscrit dans une dynamique d’accroissement de la sélection sociale et raciste dans les universités, pratiquée par les présidences et par des enseignants. 

En effet selon l’Observatoire National des Discriminations et de l’Égalité dans le Supérieur (ONDES) un étudiant avec un patronyme à consonance subsaharienne ou maghrébine a presque 15% de chances en moins d’être accepté en Master par les enseignants qui dirigent ce Master. Nos mobilisations contre ces pratiques racistes ont entraîné une forte répression de la part de certains enseignants de l’Université de Montpellier Paul-Valéry contre des militants et élus étudiants du SCUM : mise en place de sections disciplinaires pour essayer de les renvoyer de l’université, convocations policières et plaintes pénales.

Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM continue à se tenir aux côtés des étudiantes et étudiants impactés par cette mesure antisociale et xénophobe.

Nous continuerons à lutter contre toutes les formes de tri social et raciste à l’université et pour que chacune et chacun puisse suivre librement et gratuitement le cursus de son choix. 

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr 


-> Voir ici l’activité des élus SCUM – Super Chatons Ultra Mignons au sein des conseils centraux.