Rentrée 2026 : la réaction du SCUM

Ce vendredi 28 août, à l’occasion de la rentrée universitaire dans l’académie de Montpellier, le SCUM – Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier, tenait une conférence de presse pour faire l’état des lieux de la vie étudiante dans l’académie. Cette conférence de presse s’est tenue juste avant la semaine de pré-rentrée des deux universités de la ville, l’Université de Montpellier et l’Université de Montpellier Paul-Valéry.

Lors de cette rentrée, le SCUM accueillera les nouvelles étudiantes et les nouveaux étudiantes sur ses stands dans les différents campus de la ville (Faculté de Droit, Faculté des Sciences, Université Paul-Valéry…etc) et distribuera gratuitement plus de 10 000 livrets d’accueil (plan du campus, infos pratiques, scolarité, services de chaque campus, accès aux distributions alimentaires …etc).

Face au renforcement de la sélection sociale et raciste à l’université, et plus largement face à l’explosion de la précarité, le SCUM continuera à se mobiliser et construire des rapports de forces offensifs et gagnants. Dans cette perspective, le syndicat mettra toutes ses forces dans la journée de mobilisation du 15 septembre. Nous nous mobiliserons aussi au sein de l’intersyndicale de l’Hérault dans laquelle le SCUM représente les étudiants.

La précarité étudiante en hausse : 

Constat – Coût de la vie, inflation, les étudiants précarisés

Au niveau national, le constat est alarmant. L’enquête nationale de l’Union Etudiante, premier syndicat étudiant du pays, dont le SCUM est membre, publiée en janvier 2026 intitulée ”Le Parcours du combattant des étudiant.es”, indique que depuis 2017, être étudiant c’est : 

  • Une augmentation d’entre 16,5% et 24,3% du coup de la vie des étudiantes et étudiants
  • +102€ à dépenser en plus chaque année en moyenne pour son loyer et ses charges au CROUS

Sur le plan local :

  • En 7 ans, augmentation des loyers à Montpellier 19,20%.
  • Dans les logements CROUS, les étudiant.es ont dû faire face à une augmentation des loyers et des charges de 3,5% chaque année depuis 2022.
  • Il est important de noter que le coût de la vie pour un étudiant à Montpellier a augmenté. A Montpellier, 41% des étudiants affirment sauter des repas faute de moyens, selon une étude menée par le SCUM en 2025. 
  • Les bourses, n’ont augmenté que de 4%  en 2022 et de 1 % en 2021, laissant les étudiants de plus en plus précaires, contrairement à l’augmentation des prix des loyers, de l’alimentation et de l’énergie, ce qui constitue bien souvent la quasi-totalité des dépenses dans le budget des étudiant.es. En effet, l’enquête de l’Union Étudiante de 2025 révèle qu’un tiers des étudiant.es ont moins que 50 euros de reste à vivre après avoir réglé ces charges.
  • Pour parler concrètement : L’échelon maximal de la bourse sur critère sociaux (perçu par une minorité d’étudiants, la majorité d’étudiant perçoivent environ 300 euros) est de 633,5 euros par mois auquel s’ajoute une aide au logement maximum de 233 euros. Le coût de la vie pour un étudiant en 2023 à Montpellier était d’en moyenne 1165 euros

Pour pallier cette situation, la mise en place du repas à 1 euro pour l’ensemble des étudiant.es ne suffit pas, comme en témoignaient les étudiant.es faisant déjà la queue aux distributions alimentaires lorsque cette mesure était en place en 2021, ou le nombre d’étudiant.es n’ayant pas les 60 euros pour payer ces repas après le paiement de leur loyer.

De plus, on peut dès lors craindre une importante saturation des structures de restauration du CROUS à la rentrée et dans les mois qui vont suivre, alors que celles-ci le sont déjà en temps normal, le CROUS se réservant le droit de diminuer le nombre de repas servis par étudiant.e chaque semaine. On peut donc s’inquiéter que de nombreux.ses étudiant.es dans le besoin ne puissent plus avoir accès à ces repas, en raison du financement dérisoire et non-pérenne de cette mesure pourtant nécessaire.

La rentrée étudiante en elle-même est aussi de plus en plus coûteuse. 

La taxe étudiante CVEC (Contribution à la Vie Étudiante et de Campus) s’élève cette année à 105€, soit une augmentation de 25€ depuis sa mise en place en 2018 en même temps que Parcoursup dans le cadre de la loi ORE. Cela vient s’ajouter aux 178 euros en licence et aux 255 euros en master de frais d’inscription, ce qui constitue une véritable plaie dans le budget des étudiant.es.

Nous tirons le même constat chaque année, la rentrée va de nouveau coûter cher aux étudiants et étudiantes, et l’inflation galopante laisse les étudiants de plus en plus précaires. Dans un contexte où des milliers d’étudiants montpelliérains ont recours à l’aide alimentaire, notamment lors des distributions alimentaires du SCUM. La situation est plus qu’alarmante. 

Celle-ci l’est d’autant plus pour les étudiantes et les étudiants internationaux extra-communautaires qui vont devoir payer des frais d’inscription 16 fois plus chers que les étudiant.es français.es ou européen.nes, soit 2 902 euros pour une année de licence et 3 950 euros pour une année de master. Cette mesure raciste imposée par le gouvernement Macron vient les éjecter de l’enseignement supérieur et précariser des étudiant.es déjà très précaires, sans accès aux bourses du CROUS, maintenant privée d’aides au logement, et bénéficiant d’un accès inégal aux aides financières ponctuelles du CROUS et au salariat étudiant, notamment en raison d’une situation administrative précaire.

Également, c’est la pénurie de logement qui vient accentuer un peu plus les difficultés financières des étudiants à chaque rentrée . 

Crise du logement à Montpellier

Depuis la création du SCUM en 2014 nous alertons sur le manque de logement étudiant à Montpellier, l’année dernière nous avons fait face à la situation que nous redoutions depuis des années. Nous avons recensé plus de 150 étudiants sans logement la rentrée dernière, aujourd’hui nous en comptons au moins autant.

Cette situation s’explique facilement, avec son parc d’environ 8 000 logements sur la ville pour environ 80 000 étudiant.es, le CROUS ne peut accueillir que 10% des étudiant.es Montpelliérains, malgré quelques ouvertures de logements, et encore moins la totalité des étudiant.es boursier.es.

Elle n’est malheureusement pas prête de changer. Des étudiants sans logement dans sa propre ville et le maire de la ville ne leur répond pas. Michaël Delafosse, ne semble pas particulièrement préoccupé par la situation, laissant ces étudiants sans l’ombre d’une solution ou même d’une considération, ne proposant pas de logements d’urgence malgré nos alertes répétées, et ne contribuant que très peu à la création de logements pour les étudiants.

La situation empire, même se loger en dehors de Montpellier n’est plus une option. Les places de parking aux alentours des facs sont devenues payantes il y a 3 ans, l’abonnement est de 150 euros par an. Il est important de rappeler que les étudiants qui viennent en voiture sont bien souvent ceux qui, dû à la pénurie de logement, ont été obligés d’en trouver un en dehors de Montpellier, ou de rester au domicile familial. Ils sont donc doublement pénalisés. 

Pour les étudiants ayant trouvé un logement la situation est elle aussi tendue : 

Le marché immobilier est extrêmement tendu à Montpellier. Le loyer représente 60 à 75% du budget d’un étudiant en moyenne. A Montpellier nous sommes loin du compte.  Le loyer moyen d’un studio/T1 sur Montpellier est de 533€/mois, alors que la bourse maximale du CROUS, touchée par une minorité d’étudiants, s’élève à seulement 633,5€/mois.

La situation est particulièrement aggravée depuis cet été pour les étudiants internationaux dont les aides au logement ont été supprimées par le gouvernement Macron qui, dans une sorte de macabre continuité, a commandé un rapport préconisant de calculer le montant des aides au logement sur les revenus des parents, diminuant le montant ou supprimant les aides au logement pour des milliers d’étudiant.es. 

Nous serons dans la rue ce 15 septembre pour l’abrogation de cette mesure raciste et contre cette menace qui plane sur l’ensemble des étudiant.es. 


Revendications contre précarité étudiante 

Nous rappelons le besoin urgent de construire massivement des logements étudiants publics à des prix abordables, plutôt que de construire partout des « immeubles de standing » à 10000€ le m2. Montpellier est la 6ème ville la plus chère de France pour se loger, d’après l’étude du site “Se loger”. De nouvelles résidences sont construites certes, mais des résidences privées avec des loyers approchant les 600€ pour seulement 20m2. Nous revendiquons la mise en place de logements d’urgence pour les étudiant.es et la contribution à la hauteur de la mairie, de la métropole et de la région à la construction de logements étudiants par le CROUS. 

Augmenter le montant des bourses pour que les étudiants puissent vivre décemment, mais aussi élargir le nombre de bénéficiaires, notamment les étudiants internationaux.

La pérennisation du repas à 1 euros pour tous les étudiants, ainsi que la mise en place de moyens à la hauteur pour que le CROUS puisse servir tous les étudiants dans ses structures de restauration.

L’abandon des lois racistes touchant les étudiants internationaux extra-communautaires que sont la suppression des aides au logement et l’imposition des frais d’inscription différenciés.

Face à la précarité le SCUM a organisé des actions concrètes : 

  • L’année dernière le SCUM a organisé des distributions alimentaires régulières : plus de 15 000 colis ont été distribués, mais aussi des distributions de pain et une épicerie gratuite en libre accès sur le site Du Guesclin à Béziers.

Celles-ci continueront d’avoir lieu un vendredi sur deux à la cité universitaire de la Colombière et les autres vendredis au restaurant universitaire Triolet pour les distributions de pain.

  • Cette année, le SCUM organise de nouvelles distributions régulières sur le campus de l’Université Paul Valéry. Celles-ci auront lieu tous les mercredis de 13h30 à 14h30 dans l’espace “La Ruche”, située dans le bâtiment I de l’université.
  • L’accompagnement pour les demandes et dépôt de dossier d’exonération des frais d’inscription d’une centaine d’étudiants à Paul Valéry, dont une grande partie d’étudiants étrangers.

A ces actions s’ajoute également le travail des élus Super Chatons Ultras Mignons au sein des instances du CROUS et des universités montpelliéraines, notamment dans les commissions d’attribution des aides financières tout au long de l’année.

La rentrée universitaire, Les revendications et mobilisations à venir

Rentrée universitaire : Université Paul Valéry 

A Paul Valéry, la rentrée se déroule ce lundi 07 septembre, et a été, comme chaque année précédée d’une semaine de pré-rentrée dès lundi. Le SCUM tient un stand d’accueil des étudiants•es afin de les orienter.

Nous tiendrons également une réunion d’information pour les nouvelles et nouveaux étudiants.es, dans le but de leur présenter le fonctionnement de l’université, les aides pour les étudiants•es et la vie étudiante à Montpellier. Celle-ci aura lieu le lundi 7 septembre à 18h dans l’auditorium du bâtiment Atrium de l’université.

Le SCUM a été élu il y a deux ans par les étudiants et étudiantes organisation majoritaire de l’université Montpellier Paul Valéry, nous avons donc obtenu de nombreuses victoires grâce à ces élus étudiants, tel que la mise en place d’un congé menstruel, l’augmentation de 86 000€ du budget d’aide sociale, la suppression du quitus qui a sauvé l’année de dizaines d’étudiant.es, la baisse du prix des distributeurs automatiques (-46%, de 50ct à 35ct le café), ou l’exonération de frais d’inscription pour les étudiants précaires.

Pour cette rentrée universitaire, nous souhaitons notamment qu’un maximum d’enseignants enregistrent leurs cours afin de donner aux étudiantes et étudiants de nouveaux moyens de réviser et de travailler. 

Rentrée universitaire : Université de Montpellier

Aujourd’hui nous étions devant la faculté de médecine de Montpellier, comme l’année dernière devant la faculté d’économie, pour appuyer notre développement, avec 3 élus en économie et les plusieurs distributions de protections périodiques et prochainement des permanences directement sur le campus,. Nous soutenons notre présence dans ce milieu très corporatiste, passant dans les conseils de une à cinq élu•es avec un message qui est enfin entendu pour de meilleures conditions d’études, contre le bizutage et tant d’autres combats à mener dans le secteur santé.

Durant cette rentrée en fac de médecine, nous alertons sur une institution, une « tradition » dangereuse qu’est le bizutage, dont nous refusons l’omerta. Le bizutage en médecine est une institution, c’est un rite de passage quasiment obligatoire pour les nouveaux entrants.  Cela n’est pas formellement obligatoire, mais après une année souvent isolée à réviser au dépend de leur santé mentale, les personnes entrant en 2ème année de médecine sont dans une situation de vulnérabilité pour se faire des amis dans leur nouvelle promotion et sont prêts à accepter beaucoup de choses : classiquement, une consommation excessive d’alcool, qui met ensuite dans des situations humiliantes et dégradantes, ce qui montre bien là une injonction sociale forte. 

Mais ces dernières années de nombreux « dérapages » ont aussi eu lieu : 

–    En 2025, à Nice avec l’hospitalisation d’un étudiant après une consommation excessive d’alcool 

–    Et en 2025 toujours à Toulouse avec une cinquantaine d’étudiants•es retrouvés dénudés et attachés dans une forêt avec de nombreuses hospitalisations pour hypothermie et consommation excessive d’alcool.

Nous tenons ici à rappeler que le bizutage est un délit.

Nous souhaitons donc que le processus d’intégration des nouveaux entrants en médecine se fasse de manière le plus inclusive possible pour toutes et tous, et cela dans chaque université de médecine de France. 

Le bizutage, partout ou il prend place, met dans une position de hiérarchie les étudiants•es entre eux. Les étudiants•es de médecine d’année supérieure, bizutant ceux qui viennent de réussir leur concours, sont alors dans une position de domination. Cette domination, couplée à l’omerta du bizutage avec le fait qu’en médecine les problèmes se règlent « en interne », maintient ces dérives au secret du grand public.

Nous revendiquons : 

  • La fin de l’omerta auttour de l’intégration et la fin de la pratique du bizutage sous prétexte d’intégration 
  • Une réelle prise en charge des VSS par l’université de Montpellier, pour que les victimes soient correctement entendues et écoutées.

Concernant les cours à la fac de sciences, de droit et science politique et d’économie, la rentrée se fera également le 07 septembre.

L’an dernier, le SCUM a fait un score inédit lors des élections étudiantes de l’Université de Montpellier : nous sommes majoritaires en secteur Sciences et Techniques et en secteur Juridiques économique et de gestion, nous pérennisons notre arrivée et gagnons même du terrain en médecine passant de 1 à 5 élus en Médecine.   

Nous avons fait reculer la sélection à l’université et fait inscrire plusieurs étudiants•es sans affectation en Master en ayant réussi à faire inscrire 8 à l’université de Montpellier l’année dernière. Si vous êtes sans master ou sans Licence et que vous ne nous avez toujours pas contactez, faites le ! 

Cette année nous continuerons à lutter afin d’obtenir de meilleures conditions matérielles et d’études pour les étudiantes et étudiants.

Les livrets de rentrée :

Comme chaque année, nous distribuerons différents livrets pour les étudiants•es de l’Université Paul Valéry, la Faculté des Sciences, la Faculté de Droit et Science politique et la Faculté d’économie/Moma, afin de les guider dans leur cursus et leur campus. 

Ceux-ci comprennent une liste des prochains rendez-vous, le récapitulatif des aides sociales, le plan du campus respectif et pour finir quelques infos en tout genre plus ou moins utiles pour la rentrée. Ils seront disponibles sur nos stands de pré-rentrée des différents campus, lors de nos réunions d’information et lors de nos actions tout au long de l’année.

Étudiants sans affectation en Master 

Cette année comme les années précédentes, de nombreux étudiants titulaires d’une Licence se retrouvent sans affectation en Master. L’année dernière, la mobilisation collective menée par le SCUM avait permis à 29 étudiants mobilisés à l’Université de Montpellier et à Paul Valéry d’être inscrits, dont 14 dans le Master de leur choix. 

En effet, nous remarquons encore la baisse du nombre de places en Master tandis que le nombre d’étudiantes et d’étudiants ayant candidaté sur la plateforme Monmaster continue d’augmenter. Nous comptons 270 400 candidats pour 151 887 places sur Monmaster, soit 23 615 de moins que l’an dernier. 

De plus, comme chaque année, parmi les étudiants sans masters se trouvent également des étudiantes et étudiants étrangers. Ces derniers, sans leur master, n’auront plus accès à leur visa et seront donc expulsables de France vers leur pays d’origine.

Comme les années précédentes, le SCUM se mobilisera par l’action collective afin de permettre l’inscription d’un maximum d’étudiantes et étudiants laissés sur le carreau.

Cet été, plusieurs dizaines d’étudiants sans affectation en licence et master nous ont déjà contacté, un chiffre qui augmente de jour en jour. 

Nous organisons une réunion avec tous les étudiants sans affectation en Licence ou en Master : 

  • Jeudi 10 septembre à 18h dans la salle Jean Moulin (Maison Des Etudiants) de l’université de Montpellier Paul Valéry
  • Vendredi 11 septembre à 18h dans le bâtiment 2 de la faculté de Droit 

Voici les démarches que l’étudiante ou l’étudiant sans fac peut effectuer dès à présent : 

Nous contacter, contact@scum.fr et remplir le formulaire de recensement. Nous accompagnons les étudiants sans affectation en master dans les différentes démarches qu’ils peuvent effectuer. 

Puis, faire un recours au rectorat pour faire valoir le « droit à la poursuite d’études », afin que le rectorat lui propose 2 masters, à condition de respecter certains critères.

Cependant, cela ne garantit pas que les personnes concernées puissent poursuivre les études de leur choix. Voilà pourquoi nous nous mobilisons collectivement avec le SCUM et les sans-facs pour lutter pour ne pas se retrouver sans avenir.

Nous notons qu’il y a deux ans, lors de la mobilisation pour faire inscrire des étudiants sans affectation en Master, nous avons dévoilé en Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire les résultats de l’études scientifique de l’ONDES (Observatoire National des Discriminations dans l’Enseignement Supérieur), qui établissent que les étudiants avec un patronyme à consonance maghrébine ou subsaharienne ont 13% de chances en moins d’obtenir une réponse dans le cadre d’une demande en candidature Master. Cette discrimination raciste, pourtant établie dans cette étude scientifique, a été niée par deux enseignants qui dirigent le Master Cinéma. 

David Roche et Chloé Delaporte, ces deux enseignants, qui dirigent aussi la corporation enseignante “SNESUP-FSU” de l’université, ont alors monté un dossier disciplinaire contre le seul élu étudiant non-blanc du Conseil d’Administration de l’université, Fabien. Le prétexte : le fait de mentionner l’étude de l’ONDES serait une “diffamation”. Ils l’ont fait juger à Perpignan, la seule grande ville gérée par le RN. A l’issue de ce jugement, il a été condamné à 3 ans d’exclusion de toutes les universités de France. Une sanction inédite car même les gens qui frappent des enseignants n’en ont pas une aussi forte.

Le jugement a été fondé sur des preuves fabriquées de toutes pièces par ces deux enseignants, et le Tribunal Administratif de Montpellier, que nous avions saisi, a conclu en notre faveur et a réintégré notre élu en tant qu’étudiant .

Cette année s’ajoute une deuxième mise en section disciplinaire de deux autres camarades syndicalistes pour avoir accompagné une étudiante, elle aussi inquiétée, voulant comprendre le refus qui lui fut imposé et voulant une place dans le cursus de son choix. La commission disciplinaire de nos deux camarades et de l’étudiante sans-fac aura lieu dans quelques jours.

Du côté de l’Université de Montpellier, c’est un autre de nos camarades qui fut convoqué cette année par le Doyen de la Faculté de Droit et de Science Politique pour avoir dénoncé la sélection sociale et raciste et alerté sur la situation des étudiantes et étudiants “sans-fac” lors de la rentrée solennelle de la faculté. A cette tentative d’intimidation s’ajoute la mise en demeure par ce dernier d’arrêter toute sollicitation des responsables de Master, après plusieurs échanges pourtant cordiaux entre les étudiants “sans-fac” accompagnés de militants du SCUM et ces derniers. De plus ce ne s’arrête pas là car même le Doyen de la Faculté des Sciences s’y met, sous formes de menace de procédure et de prise à partie publique verbalement violente envers nos élus-es étudiants-es en conseil. Il a d’ailleurs indiqué à plusieurs reprises qu’il n’hésiterait pas à porter plainte pour diffamation si on l’accusait lui ou les commissions de sélection de racisme.            

Cette répression à l’encontre du SCUM n’est cependant pas nouvelle dans cette université, comme en témoigne l’interdiction de la présidence de celle-ci d’afficher contre la sélection sociale et raciste, niant encore une fois le caractère raciste de la sélection à l’université.

Revendications : 

Nous dénonçons les logiques élitistes de sélection sociale à l’université. En effet, la sélection impacte en priorité les étudiants précaires et ceux qui ont eu un parcours scolaire sinueux. Ça prive de l’accès aux enseignements et examens, et ça signifie donc de refuser un diplôme à des étudiants sur aucune base matérielle liée à leur niveau (les examens).

La sélection doit être supprimée. Si une sélection doit avoir lieu, la seule possible est l’obtention du diplôme du niveau inférieur (baccalauréat pour accéder en Licence, et Licence pour accéder en Master) Les universités doivent s’adapter pour accueillir davantage d’étudiants, les enseignants doivent cesser de faire du tri social, et le gouvernement doit donner davantage de moyens pour garantir des places pour toutes et tous.

La particularité de la sélection en médecine

Aujourd’hui dans le secteur santé, c’est seulement quelques centaines de places pour des milliers d’étudiants qui tentent le concours. Le fait que certains ne puissent pas rentrer dans les études de médecine malgré de très bonnes notes (14 ou 15 de moyenne en première année) est un scandale d’autant plus lorsque l’on connaît l’enjeu de santé publique dû au manque de médecins. 

Comment peut-on tolérer une sélection aussi drastique des étudiants et étudiantes alors que l’on connaît une vaste pénurie de médecins en France ? 

Tout ceci n’est pas un hasard et la pénurie de médecins a été organisée dans les années 70 avec l’instauration du numérus clausus. A l’époque, la logique était de penser que si le nombre de médecins était réduit alors les dépenses de la sécurité sociale baisseraient car moins de prescription de médicaments par exemple. Cette politique a d’autres effets néfastes : en plus de la mise en concurrence des étudiants entre eux, d’un point de vue de santé publique les conséquences sont dramatiques (par exemple en médecine la prévention est un outil indispensable : prendre en charge à un stade précoce une maladie permet de gagner en espérance de vie et en qualité de vie mais aussi d’un point de vue économique c’est bien plus intéressant de prendre en charge tôt la maladie : les traitements sont moins cher, la prise en charge moins lourde).

De plus avec l’augmentation de l’espérance de vie, les besoins en soins augmentent, les hôpitaux, les urgences se retrouvent surchargés et nous continuons de sélectionner les étudiants et étudiantes.

Il est important de rappeler que cette sélection conduit à un très grand nombre d’étudiants en première année à développer des formes d’anxiété sévère, de dépression, voire de burn-out, c’est sans rappeler que 91% des étudiants expriment avoir déjà ressenti de la détresse psychologique au cours de l’année universitaire.

Avec le SCUM, nous nous mobilisons contre cette sélection immorale et nuisible en tout point et demandons l’ouverture de places supplémentaires dans nos filières. 

Les chiffres clés de la rentrée Universitaire à Montpellier

Début des cours à L’Université Montpellier Paul Valéry et l’Université de Montpellier : lundi 07 septembre

Précarité

  • Augmentation d’entre 16,5% et 24,3% du coût de la vie des étudiantes et étudiants depuis 2017.
  • +102€ à dépenser en plus pour son loyer CROUS chaque année et augmentation des loyers à Montpellier 19,20% en 7 ans.
  • Perte de 2650€ de pouvoir d’achat sur un an par rapport à 2017
  • 200 000 étudiant.es contraints de bénéficier de distributions alimentaires régulièrement
  • L’échelon maximal de la bourse sur critère sociaux est de 633 euros, auquel s’ajoute une aide au logement de maximum 233 euro.
  • La taxe étudiante CVEC payée par les étudiants à la rentrée s’élève à 105 euros, soit une augmentation de 25 euros depuis sa mise en place en 2018.
  • SCUM a organisé des distributions alimentaires régulières en 2025-2026 qui ont bénéficié à plus de 7500 étudiants, avec 15 000 colis alimentaires distribués.

Pénurie de logements à Montpellier

  • En 2025-2026, nous avons recensé 150 étudiants sans logement, un chiffre largement sous-estimé. 
  • Environ 80 000 étudiant.es à Montpellier.
  • Environ 8 000 logements CROUS dans l’agglomération de Montpellier, soit 10% des étudiant.es pouvant y être logés.

Étudiants sans affectation en Licence et Master

L’année dernière, nous avons obtenu l’inscription de 29 étudiant.es mobilisé.es lors de la “lutte des sans-facs”, dont 14 dans la filière de leur choix.

Dates importantes

Réunion présentation de la fac :

  • Fac de droit et science politique : 10 septembre, 18h bâtiment 2
  • Université Paul Valéry : lundi 7 septembre, 18h, Auditorium du bâtiment Atrium
  • Fac de science : 8 septembre, 18h, bâtiment 36 rez de chaussée 

Réunion sans affectation en Master : 

  • Jeudi 10 septembre à 18h  salle Jean Moulin, MDE de l’université Montpellier Paul Valéry.
  • Vendredi 11 septembre à 18h dans le bâtiment 2 de la Faculté de Droit.

Manifestation contre la suppression des APL et contre les frais d’inscription racistes : mardi 15 septembre à 10h devant la Préfecture de Montpellier.

La rentrée du SCUM relayée par les médias