Lutte des sans-fac : Une première victoire arrachée au rectorat




Une sélection sociale et raciste de plus en plus violente
Depuis juin, le SCUM – Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier, a commencé sa mobilisation pour faire inscrire les étudiants refusés dans la filière de leur choix, appelés “sans-facs”. A ce jour, 52 étudiantes et étudiants sans affectation en Master nous ont contactés, mais aussi plus de 22 étudiantes et étudiants sans affectation en Licence.
Outre la non résignation des néo-bacheliers-ères face à une sélection avant même à l’université, ce point soulève un problème plus général. En effet, cette année est marquée par un fort déficit sur Parcoursup, avec 675 000 places proposées par la plateforme (soit 10 300 places de moins qu’en 2025) pour 908 974 candidates et candidats lors de la seule phase principale.
Parmi les étudiantes et étudiants refusés par les directeurs de Master, les étudiantes et étudiants internationaux sont surreprésentés, démontrant une fois de plus que la sélection sociale à l’université est aussi une sélection raciste contre laquelle le SCUM se bat depuis des années. En effet, selon l’étude de l’ONDES – Observatoire National des Discriminations dans l’Enseignement Supérieur, les étudiantes et étudiants avec un patronyme nord-africain et subsaharien ont jusqu’à 14% de chance en moins d’obtenir, à dossier égal, un Master par rapport aux étudiantes et étudiants porteurs d’un patronyme européen.
La mobilisation des sans-facs
Afin d’organiser la lutte et créer la mobilisation, nous avons organisé plusieurs réunions avec les sans-facs. Dans cette optique, le collectif des sans-facs mené par le SCUM a décidé d’un rassemblement ce lundi 14 septembre à 14h devant le Rectorat de l’Académie de Montpellier.
Durant ce rassemblement, nous avons obtenu un rendez-vous avec le directeur de cabinet de la rectrice ainsi que la responsable de l’enseignement supérieur de l’Académie. Suite à quoi, le rectorat s’est engagé à réexaminer les dossiers. Mais nous ne sommes pas dupes, comme le rectorat nous l’a confirmé, le pouvoir d’inscrire les étudiantes et étudiants sans-fac appartient aux présidents d’université et aux responsables de Master. Ce sont eux qui ont juste besoin d’appuyer sur un bouton pour ne pas jeter les étudiantes et étudiants à la rue.
Les conséquences de la sélection sociale et raciste
Parce que oui, être étudiant.e sans-fac, c’est ne pas pouvoir aller en cours et poursuivre le cursus voulu alors qu’on est qualifié pour, par la validation de son Bac ou de sa Licence. Être étudiant.e sans-fac, c’est ne plus avoir accès à la bourse ou à un logement CROUS et donc être placé dans une situation d’extrême précarité. Être étudiant.e sans-fac lorsqu’on est étudiante ou étudiant international, c’est avoir tous les jours une épée de Damoclès au-dessus de la tête étant donné le risque d’être expulsé du pays.
La lutte continue
Mais la lutte paye ! Lors de ce rendez-vous, le SCUM a obtenu que les étudiantes et étudiants étrangers, assujettis à un titre de séjour, et étant éligibles au recours au rectorat, puissent bénéficier d’un prolongement de leur titre de séjour de 3 mois.
Notre objectif est clair. Nous voulons des places en Licence et en Master pour les étudiantes et étudiants sans affectation. Pour cela, nous avons prévu de faire pression sur les présidences d’université et ce dans les jours qui suivent. Le rapport de force établi, les inscriptions pourront se débloquer afin que les étudiantes et étudiants sans-fac se voient acceptés dans le cursus de leur choix.
Le SCUM continuera à mener la lutte, parce qu’étudier est un droit, pas un privilège !
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
contact@scum.fr
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