
Quelques jours après les élections des conseils centraux de l’Université de Montpellier, le SCUM – Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier revient sur ces dernières.
Le jeudi 27 novembre 2025 ont eu lieu les élections étudiantes de l’Université de Montpellier (UM). La liste “Super Chatons Ultra Mignons : contre la précarité et la sélection à l’Université” présentée par le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) a remporté1734 voix et 2 sièges au Conseil d’administration, ce qui correspond à 36,65 % des suffrages. Nous remercions les étudiantes et étudiants pour leur confiance.
Bien que la présidence de l’Université de Montpellier ait tout mis en œuvre pour transformer ces élections étudiantes en un levier permettant de poursuivre sa politique de précarisation et de sélection, cette stratégie n’a pas abouti. En effet, le SCUM demeure la première force syndicale de l’Université de Montpellier, restant majoritaire dans le secteur DJEG (Disciplines juridiques, économiques et de gestion) avec 571 voix et 2 sièges (42,17 %) ainsi que dans le secteur ST (Sciences et Techniques) avec 815 voix et 2 sièges (45,99 %). Enfin, le SCUM recueille également 302 voix et 1 siège (20,53 %) dans le secteur Santé.
Avec son entrée en force, le SCUM-Santé à fait le plus grand score du mouvement syndical étudiant en Faculté de Médecine à Montpellier. Le syndicat a presque doublé son nombre de voix par rapport au scrutin précédent malgré un contexte encore moins favorable à la défense des droits des étudiants face à des corporations toujours plus décomplexées dans leur soutien à la sélection, au numérus et à l’isolement des étudiantes et étudiants précaires.
Le SCUM a largement battu l’UNI, organisation d’extrême-droite raciste dont certains membres se sont filmés en train de faire des actes antisémites et saluts nazis. L’UNI se retrouve enfin éjectée du Conseil d’Administration de l’Université. Encore une fois, l’UNI régresse dans son ancien bastion de la Faculté de Droit où elle ne totalise que 134 voix, tout juste assez pour obtenir un élu à la CFVU.
Par ailleurs, l’arrivée de l’organisation “Renouveau Syndical”, chargée de promouvoir la politique du maire de Montpellier auprès des étudiants, prend quelques voix au SCUM, seule liste de gauche lors du dernier scrutin, et leur permet d’arracher un élu à la CFVU DJEG.
Les “Elum”, un conglomérat de quelques BDE et Corpo officiellement “apolitiques”, ne sont pas parvenus à récupérer leur majorité perdue il y a deux ans face au SCUM dans 2 des 3 secteurs de formation de l’université, malgré d’importants moyens logistiques, humains et financiers déployés. Pour rappel, durant ces deux dernières années, ils n’ont pas hésité à s’allier avec l’organisation UNI notamment en leur accordant un siège en conseil de discipline, tout ça dans un contexte de soutien systématique à la sélection défendue comme “méritocratique”.
Des élues et élus prêts à combattre pour des mesures concrètes
Aussi, les élus “Super Chatons Ultra Mignons” se sont engagé.es sur un programme avec des mesures claires et tournées vers les étudiantes et étudiants sur lequel ils ne céderont rien. Les mesures du SCUM se fondent sur une ligne directrice immuable et constante : la lutte contre la sélection et la précarité étudiante.
Pour comprendre, nous avons mené une grande enquête auprès des étudiantes et étudiants de l’Université de Montpellier, et les chiffres sont alarmants :
Concernant la question de la précarité étudiante, 41% des étudiant•es déclarent avoir déjà sauté un repas faute de moyens, face à cela, le SCUM organise la solidarité étudiante et réalise des distributions alimentaires (plus de 15000 colis distribués l’année dernière). De la même manière, 1 personne menstruée sur 5 à l’UM explique avoir déjà renoncé à l’achat de protection périodique, ainsi le SCUM distribue des protections périodiques réutilisables, bio et produites en France sur les différents campus. Nos mesures à ce sujet sont ainsi : l’exonération des frais d’inscription, l’augmentation des aides financières pour les étudiantes et étudiants précaires (FSDIE social), faire financer davantage de distributions alimentaires, et enfin, s’opposer fermement à toute augmentation des frais d’inscriptions.
Du point de vue de la santé mentale, c’est 90% des étudiants et étudiantes qui ont déjà ressenti une détresse psychologique, et ceci s’explique à 70% par la charge de travail imposée. Cela mène, pour 44% des personnes ayant répondu à l’enquête, à un sentiment persistant de vide ou de tristesse. Le SCUM propose d’une part de prendre en considération cette charge de travail, et de mettre en avant les services de suivi psychologique de l’UM, et de développer davantage ces dernier, afin de pouvoir proposer un réel suivi accessible à tous.tes.
Cela se traduit aussi par nos mobilisations pour faire inscrire les “sans-fac” (étudiantes et étudiants refusés en Licence et en Master) : cette année, nous avons réussi à obtenir grâce à notre lutte l’inscription de 8 étudiantes et étudiants qui n’avaient pas eu la possibilité de continuer leur études après l’obtention de leur Licence ou de leur Bac. En effet, s’appuyant sur les “capacités d’accueil”, les enseignants se permettent de refuser de plus en plus de candidatures en Licence et Master. Or, ces “capacités d’accueil”, qui fixent le nombre de places en Licence et Master, est décidé de façon arbitraire dans les instances de l’université, là où les enseignants sont majoritaires. Les “Super Chatons Ultra Mignons” est la seule liste a voter contre ces capacités d’accueil et à demander davantage de places !
Des modalités de scrutin soigneusement élaborées pour faire baisser la participation
Cette élection s’est déroulée dans un contexte inédit, deux ans après le score historique du SCUM au précédent scrutin dans cette université. En effet, la présidence de l’université a déployé d’importants et improbables efforts dans cette élection afin de réduire le poids du SCUM, seule force d’opposition.
En effet, pendant deux ans, les élus “Super Chatons Ultra Mignons” n’ont cessé de s’illustrer comme les premiers opposants aux choix politiques visant à précariser et à sélectionner les étudiantes et étudiants de l’Université de Montpellier. De ce fait, la présidence de l’université a tout mis en œuvre pour éloigner le plus d’étudiantes et d’étudiant possibles du vote, a fortiori les étudiantes et étudiants les plus précaires, pour faire reculer le SCUM :
- La réduction de la période de vote. Alors qu’elle était de deux jours consécutifs lors du précédent scrutin, cette année la présidence de l’université l’a réduite à seulement 8h.
- La suppression du vote en ligne et la mise en place d’un vote à l’urne avec trop peu de bureaux et conséquemment des files d’attente qui dissuadent notamment à cause de très petits bureaux de vote, inadaptés au regard du nombre d’étudiants présents sur les campus à l’image de la Faculté des Sciences, qui plus est en plein hiver. Par ailleurs, pour les étudiantes et étudiants les plus précaires, le vote à l’urne est un barrage considérable : celles et ceux qui ont un job étudiant ne sont pas forcément sur le campus dans les horaires de vote (entre 9h et 17h), ne pouvant pas se permettre de prendre du temps pour attendre pour aller voter. D’autre part, dotés de moins de capital administratif, il est moins évident pour un.e étudiante ou étudiant précaire qui n’a pas évolué dans une culture où aller voter est un réflexe ou une évidence que pour un.e étudiant favorisé ayant été socialisé dans un environnement où la norme est de se rendre au bureau de vote les dimanches d’élection. Enfin les précédentes élections se déroulaient sur deux jours en ligne afin de garantir la libre participation pour tous les étudiants de l’Université, qu’ils soient en stage, en alternance ou dans l’impossibilité de se rendre sur leur lieu d’étude le jour de vote.
- Le système mis en place pour voter par procuration était mal organisé, les réponses étaient tardives, ce qui a freiné et découragé les étudiantes et étudiants concerné•es par le vote par procuration à aller au bout de la démarche. De la même manière, le format des procurations était lui-même très complexe à remplir et peu intuitif, sans aucune consigne claire.
- L’interdiction pour les listes candidates d’envoyer un mail à la communauté étudiante et de pouvoir ainsi transmettre les programmes et candidatures comme cela était traditionnellement le cas. De ce fait, très peu d’étudiantes et étudiants étaient au courant de la tenue de ces élections alors que ces dernières ont un impact direct sur les décisions en lien avec leurs études.
- Trop peu (voire aucun en fonction des campus) d’affichage des listes et des professions de foi sur les lieux d’études.
A cela se sont ajoutées les mesures spécifiques prises par les directions de Facultés pour renforcer le vote “Elum” face au SCUM. En Faculté de Droit, le doyen a interrompu les distributions mensuelles de protections périodiques du SCUM, et fait retirer depuis plusieurs mois les affiches d’information syndicale sur la sélection en Master. A l’UFR STAPS, le seul stand autorisé le jour du vote était celui du BDE, devant l’entrée du bureau de vote, qui distribuait des crêpes en échange d’un vote. Aussi, la présence d’une fanfare a été tolérée pour le BDE pendant des heures de cours.
Cependant, ces stratégies coûteuses de la présidence de l’Université de Montpellier se sont soldées par un double échec. Tout d’abord, le taux de participation se maintient à 9,63%, contre près de 11% il y a deux ans. Ensuite, le SCUM reste majoritaire sur 2 secteurs de formation sur 3 et conserve 7 sièges au total.
Dans ce contexte, le soutien massif des étudiantes et des étudiants au SCUM face à la présidence de l’université nous donne une force incroyable pour continuer à lutter de façon déterminée contre la précarité et la sélection sociale, et pour défendre notre droit à un avenir !
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr
-> Voir ici l’activité des élus SCUM – Super Chatons Ultra Mignons au sein des conseils centraux.
Les résultats complets du scrutin du 27/11/2025 :
(avec comparaison avec les résultats des élections de 2023)
Conseil d’Administration
- SCUM : 2 sièges (=) / 1734 voix / 36,65% (-3.82)
- Elum : 3 sièges (+1) / 2386 voix / 50,43% (+2,79)
- UNI : 0 siège (-1) / 397 voix / 8,39% (-3,5)
- RS : 0 sièges (nouveau) / 214 voix / 4,52% (nouveau)
Commission Formation et Vie Universitaire (CFVU) – Droit/économie/gestion
- SCUM : 2 sièges (-1) / 571 voix / 42,17% (-3,41)
- ELUM : 2 sièges (=) / 515 voix / 38,04% (+2,41)
- UNI : 1 siège (=) / 134 voix / 9,89% (-8,91)
- RS : 1 siège (nouveau) / 134 voix / 9,89% (nouveau)
Commission Formation et Vie Universitaire (CFVU) – Sciences et techniques
- SCUM : 2 sièges (=) / 815 voix / 45,99% (-4,04)
- ELUM : 2 sièges (=) / 715 voix / 40,35% (+2,81)
- UNI : 1 siège (=) / 155 voix / 8,75% (-3,68)
- RS : 0 sièges (nouveau) / 87 voix / 4,91% (nouveau)
Commission Formation et Vie Universitaire (CFVU) – Santé
- SCUM : 1 siège (=) / 302 voix / 20,53% (+5,63)
- ELUM : 4 sièges (=) / 1169 voix / 79,47% (-5,63)
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