Dossier : entre précarité, crise de la santé mentale, discriminations. Étudier à l’Université de Montpellier, un véritable parcours du combattant.

Durant les mois d’octobre et novembre, le SCUM a sondé 300 étudiantes et étudiants de l’Université de Montpellier, les résultats sont compilés dans ce dossier. Parmi ces résultats, plusieurs chiffres choquants, 90% des étudiantes et étudiants de l’Université de Montpellier ont déjà ressenti une détresse psychologique. Le syndicat détaille aussi ses propositions applicables immédiatement au sein des campus à l’occasion des élections étudiantes du Jeudi 27 Novembre.

Cette enquête dresse un constat sans appel : étudier à l’Université de Montpellier s’apparente à un véritable parcours du combattant. Loin d’être l’espace d’émancipation promis, l’Université est devenue le théâtre d’une crise sanitaire, sociale et académique, organisée par l’état.

41% de la population étudiante de l’Université de Montpellier avoue sauter des repas faute de moyens,démontrant l’ampleur de la précarité. Le SCUM a beau organiser la solidarité avec des distributions de plus de 15 000 colis alimentaires en 2024-2025, cette aide n’est qu’un palliatif à une défaillance systémique. Cette pénurie matérielle impose des sacrifices dramatiques pour les étudiantes et étudiants : non seulement l’accès à la nourriture et à un logement digne, mais aussi le renoncement à la vie sociale pour 73% du corps étudiant, alors que celle-ci essentielle à l’équilibre psychologique.

La conséquence directe de cette précarité est le recours massif au travail salarié, impliquant près d’un tiers des étudiants. Ce n’est pas un choix, mais une nécessité de survie, alors que le travail est la cause principale de l’échec et de l’abandon dans l’enseignement supérieur.

À cette pression matérielle s’ajoute la sélection, système fait pour exclure de l’université. MonMaster fait peser sur les étudiants de licence une angoisse quotidienne sur leur avenir, désignée comme l’un des principaux facteurs de stress par 70 % des répondants. Cette pression académique, combinée à la précarité, crée un terrain fertile pour la détresse psychologique.

Cette sélection est loin d’être neutre. Elle est un outil de sélection sociale et raciste : une étude de l’ONDES a récemment confirmé que les candidatures en Master avec une consonance d’origine maghrébine, juive ou asiatique ont 15 % de chances en moins d’être acceptées. Tous ceux qui nient cette réalité en sont complices. Plus grave encore, elle frappe de plein fouet les étudiantes portant le voile, ont 80% de chance en moins d’obtenir une réponse positive dans la recherche de contrats d’apprentissage.

La conjonction de la précarité et de la sélection a pour conséquence une crise sanitaire étudiante généralisée. L’enquête atteste d’une dégradation de la santé mentale chez la quasi-totalité du corps étudiant de l’Université de Montpellier, avec 90 % ayant déjà vécu des épisodes de détresse psychologique. La souffrance est extrême pour un tiers d’entre eux, cumulant isolement social, troubles du sommeil et perte d’appétit.

Face à cette urgence, les dispositifs de soutien psychologique sont largement insuffisants, fragmentés et mal communiqués, ne pouvant de toute façon être qu’un palliatif aux problèmes structurels. Ce ne sont pas des psychologues supplémentaires qui résoudront le problème des loyers impayés ou de la faim.

Aujourd’hui, les résultats de cette enquête montrent que la précarité et la sélection, combats historiques du SCUM, sont bien les principaux problèmes des étudiants. Les différentes victoires obtenues par les élus Super Chatons Ultra Mignons montrent que les méthodes du syndicat sont les bonnes ; le SCUM va donc continuer sa stratégie de construction de rapports de force pour améliorer les conditions de vie des étudiantes et des étudiants.

La victoire majeure sur le congé menstruel obtenu par les élus étudiants Super Chatons Ultra Mignons est le parfait exemple de la pertinence de la stratégie du SCUM. Alors qu’à la première présentation du projet par le SCUM le premier avril, la présidence et les autres listes étudiantes l’ont rejeté en bloc. Le SCUM a rassemblé le soutien de plus de 1 400 étudiants au travers d’une pétition et la présidence de l’Université a plié et re présenté le projet du SCUM le 17 juin. Le SCUM avec ses élus Super Chatons Ultra Mignons et la force du collectif obtiennent des avancées pour les conditions de vie étudiantes !

L’Urgence des Propositions du SCUM

À l’occasion des élections étudiantes de l’Université de Montpellier, le SCUM présente des mesures immédiates à mettre en place à l’Université de Montpellier face à la gravité de la situation. Le SCUM défend des propositions applicables sans délai : de l’exonération des frais d’inscription pour les plus précaires à la mise à disposition massive de protections périodiques réutilisables, en passant par l’installation de parkings sécurisés pour les mobilités douces .

Le SCUM continuera de mener la bataille : seule l’action collective et la pression exercée sur les responsables permettront de gagner des avancées pour les conditions de vie de toutes et tous les étudiants.


Le dossier du SCUM relayé par les médias :

Comments

5 responses to “Dossier : entre précarité, crise de la santé mentale, discriminations. Étudier à l’Université de Montpellier, un véritable parcours du combattant.”

  1. […] d’étude et de vie des étudiantes et étudiants à l’Université de Montpellier en rappelant les résultats de la grande enquête sur la vie étudiante parue au début du mois de novembre qui …épisodes de détresse […]

  2. […] Dans son discours de candidature, elle a évoqué une seule fois la précarité étudiante alors que 41% de la population étudiante de l’Université de Montpellier avoue sauter des repas faute de …. À la place, elle a proposé l’organisation de “cafés débats”. Les milliers […]

  3. […] Mercredi 28 janvier 2026, des centaines d’étudiantes et d’étudiants sont venus à la braderie gratuite de vêtements organisée par le SCUM dans la salle Jean Moulin de l’université Paul Valéry. Ce succès d’affluence témoigne d’une réalité beaucoup plus sombre : la précarité étudiante explose. La grande enquête réalisée par le SCUM il y a quelques mois auprès des étudiantes et étudiants…. […]

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