Université de Montpellier : tapis rouge déroulé à l’extrême-droite, et lutte contre la précarité étudiante jetée aux oubliettes.

Ce lundi 22 janvier à l’Université de Montpellier se tenait le premier Conseil Académique pour les nouveaux élus étudiants de la liste “Super Chatons Ultra Mignons”, portée par le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM).  Cette première réunion de cette instance dirigeante de l’université revêtait une importance particulière. En effet, les élus étudiants ont dû élire la vice présidente-étudiante, les représentants des étudiants qui siégeront au sein de  la commission disciplinaire, ainsi que celles et ceux qui siégeront au sein de la commission CVEC. 

Des enjeux importants pour les étudiantes et étudiants : 

La commission disciplinaire de l’université a pour tâche de juger et d’établir des sanctions à l’encontre des étudiantes et étudiantes de l’université accusées d’avoir enfreint le règlement intérieur. Les accusations de plagiat, de triche voire de violences y sont donc traitées, par des représentants des enseignants et des étudiants. La présence des élus étudiants y est capitale afin de s’assurer que les décisions soient les moins injustes possibles. A titre d’exemple, une étudiante en Master de la Faculté de Droit a été exclue de l’université pour avoir juste critiqué le contenu d’un cours dans un e-mail envoyé à d’autres étudiants. L’enseignante concernée et son égo ont donc jugé bon de virer cette étudiante et de la priver de la préparation de son diplôme ! Ici, la commission disciplinaire semble servir d’outil de répression et de censure à l’encontre de la communauté étudiante. Comment améliorer nos conditions d’études si toute critique, toute suggestion, est susceptible d’entraîner une exclusion de l’université ?

La commission CVEC sert à déterminer la répartition et l’utilisation du budget issu de la Contribution Vie Étudiante et de Campus. Il s’agit de la taxe dont les étudiantes et étudiants non-boursiers sont forcés de payer avant de faire leur inscription chaque année à l’université. Les fonds issus de cette taxe sont censés servir à l’amélioration de la vie étudiante dans divers domaines : culture, lutte contre la précarité, accès à la santé, vie associative …etc. 

De plus, la réunion de ce lundi devait aussi aboutir à l’élection de la vice-présidence étudiante.

Une représentation étudiante renouvelée suite à l’élection de novembre.

Pour rappel, les résultats de l’élection des représentants étudiants aux conseils centraux de l’Université de Montpellier en novembre dernier ont été historiques. La liste étudiante majoritaire depuis près de 10 ans, “Z”élus”, officiellement apolitique, a perdu les élections dans deux secteurs de formation sur les trois de l’université. Seuls les étudiantes et étudiants du secteur Santé l’ont placée en tête. La liste syndicale du SCUM est arrivée première dans deux secteurs sur trois, et a totalisé plus de 40% des suffrages à l’échelle de l’université. Arrivée dernière avec moins de 12% des voix et perdant un quart de ses élus, la liste de l’UNI a été rejetée par la majorité des étudiantes et étudiants. Officiellement “de droite”, cette liste porte une vision excluante et élitiste de l’université et se pose clairement en ennemi des étudiantes et étudiants. L’UNI avait applaudi le commando d’extrême-droite qui avait tabassé des étudiantes et étudiants dans un amphi de la Faculté de Droit en 2018. Désormais, cette organisation soutient activement la récente “Loi Immigration” qui créé un nouveau statut discriminatoire et xénophobe pour les étudiants internationaux.  Aux côtés du groupuscule d’extrême-droite “La Cocarde”, l’UNI est présente aux meetings d’Eric Zemmour et a même le soutien officiel, humain et logistique de son parti politique “Reconquête!” pour les prochaines élections des représentants étudiants au sein du conseil d’administration du CROUS.

Les choix des “Z’élus” : l’extrême-droite pour juger les étudiantes et étudiants, et la politique de Macron pour l’université.

Lors de la désignation des représentants étudiants au sein de la commission disciplinaire,  12 places devaient être attribuées aux élus étudiants siégeant dans ce conseil académique, par un vote de ces mêmes élus étudiants.

La liste, “Z’élus”, a fait le choix de désigner un membre de la liste de l’UNI pour la section disciplinaire, en lui attribuant 20 voix alors qu’un seul membre de l’UNI était présent au sein du Conseil, tout en s’en attribuant 9 sièges pour elle-même. Ainsi, les étudiants et étudiantes vont subir une politique disciplinaire encore plus répressive et idéologique, puisque l’UNI s’affiche en soutien indéfectible des sanctions les plus lourdes réclamées par les enseignants les plus réactionnaires. Nous rappelons que certains enseignants, comme Jean-Luc Coronel de Boissezon, avaient physiquement participé au commando d’extrême-droite qui avait tabassé des étudiantes et étudiants en 2018. En donnant à l’UNI, pourtant rejetée par les étudiants, le pouvoir de juger ces étudiantes et étudiants , la liste officiellement apolitique des “Z’élus” affiche un choix davantage dicté par une proximité idéologique que par le respect de la représentativité. 

En effet, la nouvelle vice-présidente étudiante, Alexane Lequard, a été élue par une majorité des enseignants après un discours où elle s’est revendiquée en soutien, comme l’UNI, à la politique gouvernementale de sélection sociale avec Parcoursup. Dans un contexte où la sélection sociale prive toujours plus d’étudiants d’accès à l’enseignement supérieur et où le SCUM recense toujours plus d’étudiants sans affectation à la fac chaque année, cette prise de position pour la sélection détonne.  Dans son discours de candidature, elle n’a pas évoqué une seule fois la précarité étudiante alors que 84% des étudiantes et étudiants montpelliérains disent sauter des repas par manque d’argent. À la place, elle a proposé l’organisation de “cafés débats”. Les milliers d’étudiantes et d’étudiants qui font la queue chaque semaine aux distributions alimentaires gratuites pour se nourrir, dont celles du SCUM, apprécieront ce cynisme absolu.

Dans ce contexte, on ne peut que s’inquiéter du fait que la liste des “Z’élus” se soit octroyée l’intégralité des sièges de représentants étudiants dans la commission CVEC. Les 100€ de taxes prélevés à chaque étudiant non boursier serviront t’ils pour l’accès à la santé, la lutte contre la précarité, ou plutôt au financement obscur des quelques BDE à l’initiative de cette liste ? Nous n’en saurons rien, puisque seuls les “Z’élus” seront juge et partie pour décider s’ils s’attribueront à eux-même l’argent des étudiants ou non.

Cette candidate des “Z’élus” à la vice-présidence étudiante étant soutenue par la présidence de l’université, le résultat du vote était déjà connu d’avance et son élection déjà acquise. Cependant, nous ne pouvions pas laisser sans aucune opposition une personne qui reprend mot pour mot les politiques du gouvernement qui précarise les étudiants, et qui s’allie avec l’extrême-droite. Nous avons donc fait le choix de présenter une candidate à cette fonction afin de porter l’exigence de la lutte contre la précarité , la sélection et les discriminations. 

Malgré un contexte verrouillé par la présidence de l’université, nous nous félicitons d’avoir obtenu le soutien de 7 représentants des personnels et enseignants, en plus de nos 6 élus au Conseil Académique. Cela démontre qu’il est possible de convaincre malgré les embûches.

La défense des droits étudiants ne se limite pas aux instances restreintes de l’université. Au contraire, c’est par l’investissement d’un maximum d’étudiantes et d’étudiants, dans les actions et les mobilisations collectives portées par le SCUM, qu’on pourra obtenir des avancées et des améliorations de nos conditions de vies et d’études !

Avec vous toutes et tous, nous lutterons pour notre droit à un avenir.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr 

Comments

2 responses to “Université de Montpellier : tapis rouge déroulé à l’extrême-droite, et lutte contre la précarité étudiante jetée aux oubliettes.”

  1. […] Ce qui l’est encore plus, c’est le vote contre cette motion de la part de l’organisation étudiante majoritaire dans ce conseil : Zélus-UM. Ces derniers ont finalement agi en cohérence avec leur position tristement constante dans les insti…s. […]

  2. […] Comme il y a deux ans, nous ne pouvons que nous inquiéter du fait que les “Elum” s’octroieron…. Les 105€ de taxes prélevés à chaque étudiant non boursier serviront t’ils pour l’accès à la santé, la lutte contre la précarité, ou plutôt au financement obscur des quelques BDE à l’initiative de cette liste ? Nous n’en saurons rien, puisque seuls les “Élum” seront juge et partie pour décider s’ils s’attribuent à eux-même l’argent des étudiants ou non. […]

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