
Ce mardi 05 décembre, le Conseil des Etudes (CEVU) de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 a voté le rétablissement de la sélection en Licence et Master pour l’année 2024. Il s’agit ici d’un véritable coup de force de la présidente Anne Fraïsse, au mépris des instances de l’université qu’elle préside, puisque celles-ci avaient pris la décision en janvier 2023 de ne pas mettre en place de sélection pour la rentrée 2024.
Nous rappelons que seuls 21,82% des vœux de candidatures en Master reçoivent une réponse positive à l’Université Paul-Valéry. Ce tri social et élitiste jette littéralement dans la rue des centaines d’étudiantes et d’étudiants chaque année, les privant d’accès à des cours, à un diplôme, à une bourse, et même à un visa étudiant pour celles et ceux qui viennent d’autres pays.
Ces conséquences directes du vote de ce mardi matin rendent scandaleux le positionnement d’autres élus étudiants. Ceux de l’ADEM3, ironiquement nommés “Des étudiant-e-s qui vous rassemblent” ont carrément voté pour la sélection. Et ceux de Solidaires Étudiant-e-s et du Poing Levé, qui aiment pourtant se prétendre “anticapitalistes”, n’ont même pas daigné faire acte de présence. Ces organisations sont pourtant toujours présentes lorsqu’il s’agit de réclamer des financements et subventions pour elles-mêmes.
A contrario, les élus étudiants du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) sont vigoureusement intervenus pour s’opposer à ce vote de la honte, banderole en main. Grâce à leur action, ils ont non seulement obtenu qu’aucune baisse de places en Master et en Licence ne se fasse, mais aussi la création de 27 places supplémentaires en Master.
Un vote illégitime et en faveur de la politique budgétaire du gouvernement.
Cependant, ce vote des quotas de sélection et des critères de sélection en Licence et Master n’avait pas lieu d’être.
Pour rappel, le CEVU du 10 janvier 2023, par un vote à la majorité sur proposition du SCUM, a pris la décision de ne pas voter de capacités d’accueil en L1 et M1 pour l’année universitaire 2024-2025 dans les termes suivants : “Nous refusons aujourd’hui de voter des capacités d’accueil au sein de notre université tant que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) refusera d’attribuer à notre établissement une dotation budgétaire pérenne à la hauteur de nos besoins”.
Or, la présidence de l’université, par un communiqué en date du 22 novembre 2023, confirme la sous dotation financière de l’université Paul-Valéry, indiquant même qu’il s’agit de l’université française qui reçoit le moins de financements par étudiant : 3821€ par étudiant, alors que la moyenne nationale s’élève à 6720€. L’établissement n’a donc pas de dotation budgétaire pérenne à la hauteur de ses besoins, rendant ainsi incontournable l’application de la décision prise en janvier 2023, qui indiquait qu’aucune sélection ne pourrait être votée pour l’année 2024-2025.
Que la corporation enseignante SNESUP-FSU ait soutenu la remise en place de la sélection sociale à l’université ne nous étonne pas. Ils sont décidément toujours à la pointe lorsqu’il s’agit de refuser en Master des étudiants précaires, ou de convoquer en section disciplinaire un étudiant racisé qui a osé parler des discriminations racistes dans l’enseignement supérieur.
Cependant, le positionnement de la présidente Anne Fraïsse nous interroge. Ce matin elle a fait voter une motion rappelant le vote de janvier 2023 ainsi que la situation budgétaire catastrophique de l’établissement. Toutefois, la mise à l’ordre du jour du vote sur la remise en place de la sélection pour l’année 2024 envoie un message contradictoire. Considère-t-elle finalement que l’université est suffisamment riche ? Si c’est le cas et que notre université déborde d’argent, pourquoi ne pas davantage augmenter le nombre de places en Licence et Master ?
Nous rappelons qu’il y a 10 ans, en 2013, la même présidente d’université avait posé un acte fort en faisant voter la fermeture du campus de Béziers et plusieurs filières pour demander plus d’argent au ministère. Le résultat de ce coup de force face au gouvernement fut sans appel : plusieurs millions d’euros avaient été obtenus ainsi que 20 créations d’emploi.
Alors qu’en 2023 l’université avait la possibilité de faire davantage pression sur le gouvernement, sa présidence décide finalement de donner raison à la ministre de l’enseignement supérieur Sylvie Retailleau. En effet l’application d’une sélection drastique par les universités permet au gouvernement de justifier sa politique budgétaire envers les établissements d’enseignement supérieur, entraînant une dégradation des conditions de travail pour les personnels, et une dégradation des conditions d’études pour les étudiantes et étudiants. De plus, ces refus d’inscriptions permettent aussi, en restreignant l’accès aux études, de justifier le discours gouvernemental en faveur de l’élitisme.
Ici, nous constatons que l’institution universitaire, obsédée par son rôle de sélection élitiste et de reproduction sociale, compromet même sa propre survie financière.
Nous ne sommes pas des numéros ! Appel au rassemblement le 12 décembre.
Plutôt que s’assurer que chaque étudiante et étudiant puisse accéder au cursus de son choix, la présidence de l’université a choisi un coup de force brutal ce mardi, qu’elle espère bien réitérer lors de la séance du Conseil d’Administration du mardi 12 décembre.
Les étudiantes et étudiants vont-ils se laisser voler leur droit à un avenir ?
Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) appelle à un rassemblement ce mardi 12 décembre à 9h devant la Bibliothèque Universitaire de l’Université Paul-Valéry pour protester contre la remise en place de la sélection en Licence et Master.
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr
Dans les médias
- Article d’Actu.fr / Métropolitain du 06/12/2023 – “Montpellier. Paul-Valéry : est-il vraiment question de rétablir la sélection à l’université ?” : https://actu.fr/occitanie/montpellier_34172/montpellier-paul-valery-est-il-vraiment-question-de-retablir-la-selection-a-l-universite_60423261.html
- Article d’Actu.fr / Métropolitain du 12/12/2023 – “Montpellier : “Non à la sélection”, les syndicats étudiants se mobilisent à Paul-Valéry” : https://actu.fr/occitanie/montpellier_34172/montpellier-non-a-la-selection-les-syndicats-etudiants-se-mobilisent-a-paul-valery_60447084.html
- Article de La Marseillaise du 15/12/2023 – “A Paul-Valéry, un conflit entre le SCUM et la direction autour de la sélection” : (voir image)

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