Mobilisation victorieuse pour les étudiants “sans-fac” : 83% inscrits à l’Université Paul-Valéry, et un procès contre l’Université de Montpellier

Avec 83,78% des étudiantes et étudiants recensés sans affection en Licence et en Master inscrits à l’Université Paul-Valéry cette année, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) confirme que l’inscription de 75% des “sans facs” l’année précédente n’était pas un coup de chance. C’est grâce à un accompagnement juridique, administratif, mais aussi et surtout grâce à un véritable rapport de force face à la présidence de l’université Paul-Valéry et aux enseignants dirigeants des Masters que le SCUM a réussi à faire inscrire 31 étudiantes et étudiants sans affectation cette année.

Le résultat d’une mobilisation au long cours.

En juin dernier, comme les années précédentes, le SCUM a lancé sa campagne de recensement des étudiantes et étudiants sans fac avec une conférence de presse. C’est plus d’une centaine de personnes qui ont été recensées puis, tout au long de l’été, accompagnées individuellement dans le labyrinthe des recours légaux à leur disposition pour être inscrits. Sans cet accompagnement administratif et juridique, les étudiants sans facs perdent un temps précieux en septembre dans la lutte pour leur inscription.  En parallèle de cela, nous avons monté un dossier avec l’avocat Florent Verdier pour les étudiantes et étudiants refusés par l’Université de Montpellier pour attaquer l’établissement en justice autour d’une faille juridique. D’ores et déjà, deux procès ont été gagnés depuis juillet, et face à cette bérézina juridique, l’Université de Montpellier a subitement décidé d’inscrire une partie des étudiantes et étudiants sans affectation en Master, mais refuse encore d’en inscrire la moitié.

À la rentrée, une soixantaine d’étudiantes et d’étudiants des deux universités de la ville restaient encore sans solution de poursuite d’études. Ils se sont réunis, durant trois semaines chaque vendredi, lors de réunions organisées par le syndicat étudiant, pour définir les actions à mettre en œuvre et faire un bilan de l’avancée des dossiers. En seulement quelques semaines, les “sans facs”, aux côtés du SCUM, ont obtenu un rendez-vous au Rectorat suite à un rassemblement, sollicité individuellement les directeurs de master, envahit le Conseil des Etudes (CEVU) de Paul-Valéry ainsi que le Conseil académique de l’Université de Montpellier, fait des interventions médiatiques, organisé un rassemblement devant la présidence et négocié directement avec les présidences des deux universités. La qualité des échanges avec les présidences, notamment celle de l’université Paul-Valéry, découle directement du travail de fond et du rapport de forces du SCUM.

Une méthode syndicale gagnante, construite sur le rapport de forces.

Ce résultat démontre l’efficacité des méthodes d’action du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM). En alliant accompagnement juridique, administratif et action directe, tous les moyens sont utilisés pour lutter et faire inscrire les étudiantes et étudiants. C’est aussi grâce au travail de fond des membres du syndicat qui luttent toute l’année contre la sélection. Mais aussi qui construisent, en parallèle, un rapport de force avec les présidences des universités. A Paul-Valéry, par exemple, le SCUM a évité la suppression de 100 places en licence de cinéma en envahissant le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU) en décembre 2021.

Un procès contre la sélection illégale en Master mercredi 26 novembre.

La lutte des étudiantes et étudiants sans facs n’est cependant pas encore terminée. En effet, nous avons initié avec l’avocat Florent Verdier, dans une procédure contre l’Université de Montpellier afin de faire inscrire des étudiantes et étudiants refusés en Master. Lors de deux précédents procès gagnés par Maître Florent Verdier, la sélection en Master pratiquée par l’Université de Montpellier a déjà été reconnue illégale. Ainsi, le refus actuel de l’Université de Montpellier d’inscrire les étudiantes et étudiants “sans fac” accompagnés par le SCUM est non seulement dénué de base légale, mais confine ici à l’arbitraire le plus total. Afin d’imposer une brutale sélection sociale et élitiste, une présidence d’université, comportant une Faculté de Droit, en vient ici à ignorer les règles juridiques les plus élémentaires.

Nous appelons à un rassemblement de soutien mercredi 26 octobre à 14h devant le Tribunal Administratif de Montpellier (6 rue Pitot, tramway Peyrou-Arc de Triomphe). 

Face à la sélection sociale à l’université, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier continuera à se battre pour l’inscription de toutes et tous dans le cursus de leur choix.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
http://www.combatuniversitaire.wordpress.com – syndicat.scum@live.fr


Dans les médias :

Midi Libre du 26/10/2022

Comments

6 responses to “Mobilisation victorieuse pour les étudiants “sans-fac” : 83% inscrits à l’Université Paul-Valéry, et un procès contre l’Université de Montpellier”

  1. mi Avatar
    mi

    Bravo !! beau travail très beau combat 👍🏽
    merci à tou-te-s du SCUM

  2. […] A la suite de l’audience qui s’est déroulée mercredi 26 octobre, le jugement a été rendu ce jeudi 27 octobre : les 6 étudiantes et étudiants doivent être inscrits sous 7 jours, et l’université doit leur payer la somme de 500€ chacun au titre de L761-1 du code de justice administrative. Ce délibéré, qui sonne comme une véritable claque pour l’Université de Montpellier, est le fruit de l’engagement de l’avocat Florent Verdier, que nous remercions d’avoir accepté de défendre notre cause. […]

  3. […] qui est également appuyé par des mobilisations et des manifestations sur le campus. Par exemple, c’est grâce à la lutte du SCUM que 83,7% des étudiantes et étudiants refusés en …. Cette stratégie ne doit que perdurer pour permettre une avancée des droits étudiants […]

  4. […] dossiers , qui est également appuyé par des mobilisations et des manifestations sur le campus. Par exemple, c’est grâce à la lutte du SCUM que 83,7% des étudiantes et étudiants refusés en …. Cette stratégie ne doit que perdurer pour permettre une avancée des droits étudiants […]

  5. […] La sélection à l’université accroît les inégalités sociales et plonge directement les étudiantes et étudiants refusés de l’université dans une violente précarité, avec perte de bourses et de logement étudiant. Cette situation s’ajoute au fait de priver ces étudiantes et étudiants de la possibilité de préparer un diplôme, dans un contexte de précarisation accrue du marché du travail.Le combat contre la sélection est l’un des principaux que le SCUM mène depuis des années. Chaque année, nous faisons inscrire des dizaines d’étudiantes et d’étudiants “sans-fac” suite à des mobilisations victorieuses. Pour cette année 2022-2023, notre lutte a permis d’en inscrire près de 84%, un chiffre qui est e…. […]

  6. […] Le blocage d’une université a pour but de montrer de facto notre opposition totale à la réforme. Il a également pour but de permettre aux étudiants et travailleurs de tous secteurs de s’organiser et de massifier la lutte. Il permet d’empêcher la tenue des cours pour permettre à tout le monde de se retrouver en manifestation. Il augmente le rapport de force avec la présidence sur le long terme, ce qui a été prouvé lors de la lutte des sans facs victorieuse menée en début d’année. […]

Leave a Reply to Condamnation de l’Université de Montpellier au Tribunal face aux étudiants refusés en master. | Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM Cancel reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *