Faculté de Droit bloquée pour la première fois depuis 2018 : à quoi bon étudier le droit quand les forces de l’ordre s’assoient dessus ?
Historiquement, pour la première fois en 8 ans, la Faculté de Droit de l’Université de Montpellier est bloquée par les étudiantes et étudiants en droit et en sciences politiques, en soutien aux mouvements lycéens. En réponse à l’appel national de l’Union étudiante, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM se soulève face aux injustices et l’austérité organisée dans l’enseignement. Nous dénonçons la sélection sociale et raciste en cours, et relayons les revendications des lycéens pour l’abrogation de Parcoursup, dont nous connaissons la suite après la licence : MonMaster, outil du tri social et raciste dans l’enseignement supérieur.


Après huit ans d’inaction et de sidération de toute la fac de droit, ce blocage est historique. La dernière mobilisation étudiante en date à la faculté de droit était l’occupation des amphithéâtres en 2018, contre la mise en place de Parcoursup. Le doyen de l’époque, Philippe Pétel, avait soutenu, en leur ouvrant l’accès à la fac, un commando fondé notamment par un ancien membre du bureau de Reconquête et professeur d’histoire du droit à la faculté, Jean-Louis Coronel de Boissezon, afin de déloger les étudiants et de les frapper à coups de palette.
Aujourd’hui, depuis le 6 octobre 2026, les étudiantes et étudiants réécrivent l’histoire et se mobilisent en soutien aux lycéens et lycéennes, et pour dénoncer la violence policière. À quoi bon étudier le droit si c’est pour que la police et les autorités publiques ne le respectent pas ? On nous enseigne que les mesures de dispersion ne peuvent être prises qu’après deux sommations, jamais à Montpellier cela n’a été respecté. Depuis le début des mobilisations, nous voyons des lycéens et des lycéennes perdre un œil, se faire noyer ou se retrouver le bras arraché en manifestation. Nous ne pouvons pas rester sans rien faire.
Le sous-investissement de l’État dans l’éducation et l’enseignement supérieur touche aussi les étudiantes et étudiants ici, à la faculté de droit. Nous nous soulevons également pour remettre les priorités au centre de la table. Il n’est pas normal que l’on engage plus de 10 000 000 d’euros pour acheter et rénover une chapelle, tandis que la rénovation thermique des bâtiments est repoussée à plus tard, dans le contexte de canicule que nous avons vécu. De la même manière, les étudiantes et étudiants s’entassent dans des amphithéâtres et l’on nous oppose le manque de places dans les amphis et les salles de TD, alors qu’un bâtiment anciennement occupé par la faculté de médecine, dans le centre-ville, pourrait être rénové afin d’accueillir un nouveau bâtiment pour la fac de droit. Toutes ces priorités ont été décidées contre les étudiants et contre leurs intérêts. Ce sont des choix, des choix politiques, et il pourrait en être dévidé autrement, aussi bien par le gouvernement que par la présidence de l’université.
Nous dénonçons la sélection sociale et raciste, demandons l’inscription de toutes les personnes encore sans inscription en licence ou en Master, et la fin de la mise en place des frais d’inscription racistes à plus de 2905€ pour les étudiantes et etudiants extra-communautaires.
Aujourd’hui, le SCUM et les étudiantes et étudiants mobilisés à la fac pour ce blocage ouvrent une nouvelle page de l’histoire de la faculté de droit. Nous ne nous laisserons plus faire par peur de représailles.
Pour rejoindre le mouvement et lutter concrètement contre la précarité étudiante et contre la sélection sociale et raciste à l’université : rejoins le SCUM, syndique-toi !
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
contact@scum.fr – www.scum.fr
