Surmenage et échec de masse : les examens sacrifiés par la présidence de l’université Paul Valéry

A cause d’un retard dans les travaux des trois plus grands amphithéâtres de l’Université Paul-Valéry annoncé à la rentrée, cela fait un semestre que des promotions entières d’étudiantes et étudiants voient leurs cours dispensés en distanciel, pour la plupart du temps asynchrone, sous forme de vidéos postées sur la plateforme Moodle. Ce mode de fonctionnement, loin d’être optimal pour les étudiants et les enseignants, ne permet par exemple pas au professeur d’approfondir une notion qu’ils n’ont pas comprise, ou de répondre à leurs questions comme il serait possible en présentiel dans un amphithéâtre.

C’est le cas de la Licence 2 de Psychologie, dont la grande majorité des CM s’est déroulée en distanciel, et qui s’est vue annoncer il y a quelques jours que les partiels, eux, seraient organisés en présentiel.
Pour certaines de leurs matières, même pas de vidéos, un diaporama de plusieurs centaines de diapositives posté sur la plateforme en ligne et à eux de se débrouiller ! C’est donc dans ces conditions et dans la plus grande incompréhension que les étudiants en L2 de psychologie entament cette semaine de révisions, l’avant-dernière avant les partiels, dont la plus grande journée, le samedi 10 décembre où ils auront 5 partiels, leur impose une journée de 08h00-20h00 d’examens.

Face aux plaintes des étudiantes et étudiants, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) a décidé de réagir et a commencé par faire passer un sondage pour connaître l’étendue des promotions concernées. Une délégation d’élues et élus s’est ensuite entretenue avec le Vice-Président du CEVU (Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire) Franck Salaün, et le rendez-vous a abouti à une demande de précision de la part de ce dernier, afin d’étudier la question et éventuellement trouver une solution.

La proposition du SCUM est la suivante : dans une logique de continuum pédagogique, les cours ayant été dispensés en distanciel doivent aboutir à un partiel également en distanciel.

Cette ouverture aurait pu représenter un pas en avant de la part de M. Salaün et le SCUM espérait une réelle réflexion et une proposition à la suite de ce rendez-vous, au contraire M. Salaün a évoqué la “complexité de l’organisation des évaluations, surtout en psychologie” dans un mail pour justifier l’inaction de l’université concernant les difficultés auxquelles font face les étudiants concernés. Or, les trois plus grands amphithéâtres de la fac étant en travaux, la tenue des partiels en présentiel mobilise par exemple les quatre amphis restants ainsi que 6 salles de classe rien que pour une épreuve des L2 Psychologie. Des partiels en distanciel permettraient donc de rendre cette organisation complexe… plus simple !

Il y a deux semaines plus de 56% des étudiantes et étudiants ont voté pour le SCUM aux élections étudiantes, plébiscitant ainsi notre revendication de laisser le libre choix des cours et examens en présentiel ou distanciel.

L’entêtement de la présidence de l’université à vouloir maintenir des examens en présentiel apparait ici comme un véritable crachat à la face de la communauté étudiante.

Pire, il s’agit ici d’un non sens pédagogique. Si l’université tenait tant que ça à imposer du présentiel pour les évaluations, il fallait organiser les cours en présentiel. Ici, l’idéologie prime sur la logique et ce sont les étudiantes et étudiants qui en paieront les pots cassés.

Pour le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier, il est temps que l’université s’adapte enfin à ses étudiantes et étudiants, et cesse d’interagir avec ceux-ci comme au Moyen-Âge. La transmission du savoir et son évaluation doivent être multicanaux pour être efficaces et favoriser la réussite.

A l’heure où la sélection sociale s’accroît en Licence et en Master, une question apparaît : la présidence veut-elle créer de l’échec de masse à l’université Paul-Valery ?

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
http://www.combatuniversitaire.wordpress.com – syndicat.scum@live.fr

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  1. […] Afin de pallier ce problème, les élus du SCUM ont proposé, lors de la campagne électorale et dans cette motion, que les partiels dont les cours ont été assurés en distanciel soient également en distanciel. Malheureusement, cette proposition a été rejetée par le conseil. La présidence s’est réfugiée derrière des arguments fallacieux prétextant une incompatibilité juridique. Comme nous le dénoncions en novembre : “L’entêtement de la présidence de l’université à v… […]

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