Ce vendredi 13 décembre, c’était la dernière séance du Conseil d’Administration de la Communauté d’Universités et d’Etablissements Languedoc Roussillon (COMUE-LRU). Une réunion en guise d’enterrement pour une structure qui n’existera plus le 1er janvier 2020. En effet, depuis janvier 2019, les présidents des universités de l’académie (UNIMES, UPVD, UM et UPVM) sont engagés dans une dissolution de cette structure inter-universitaire, afin de faire place à une politique de site expurgée de tout ce qui pourrait être vécu comme une contrainte démocratique.Logements universitaire, bibliothèque “Atrium” : des chantiers bientôt à l’arrêt ?
Comme nous l’avions annoncé, ce jeu de « rubiks cube » auquel se livrent les présidents d’université se fait au détriment des étudiants. Il a été officialisé aujourd’hui la situation alarmante de plusieurs chantiers en cours sur les campus montpelliérains. Le transfert mal anticipé de l’Opération Campus à l’Université Paul Valéry Montpellier 3 a entrainé des ruptures de paiement pour les entreprises intervenant sur le chantier de la future bibliothèque Atrium. Ainsi, plusieurs entreprises se sont retirées du chantier, entrainant un retard de celui-ci. Plus alarmant encore, la réhabilitation du bâtiment E de la cité universitaire Triolet, dont la COMUE-LRU est le maitre d’œuvre, va aussi connaitre d’importants retards pour la même raison. Le directeur du CROUS, Pierre Richter a proposé que le CROUS reprenne à son compte le paiement des factures afin que les travaux reprennent au plus vite. Toutefois, au vu de l’imminence de la dissolution de la COMUE, cette demande apparait fortement improbable, et les étudiants qui devaient emménager dans les nouveaux logments CROUS attendront encore plusieurs mois supplémentaires.
Dans une intervention remarquée et face aux trois présidents d’universités présents (UM, UNIMES et UPVM3), nous avons fustigé leur amateurisme et leur mépris des étudiants, condamnés à payer les pots cassés d’une politique de site mise au service d’ambitions personnelles.
Nexus pointe le bout de son nez.
Ce conseil d’administration ne portait pas uniquement sur la mise en coupe réglée par un quarteron de bouchers de la politique de site inter-universitaire.
La construction d’un nouveau bâtiment sur le campus de l’université Paul Valéry a été soumise au vote. Il s’agit, dans le cadre de l’appel à projet remporté par l’université en juillet 2018 sur le thème « Nouveaux Cursus », de créer un nouvel espace nommé « La Fabrique », de 1600m2. La construction d’un nouveau bâtiment dans une université qui met régulièrement en avant un « manque de place » pour justifier une politique de sélection sociale élitiste peut apparaitre comme une bonne nouvelle.
Toutefois, ce bâtiment sera dévolu au projet dit « Nexus » concernant les humanités numériques. Loin des publicités glorifiantes ou de certaines obsessions complotistes, il s’agit d’un projet relativement annexe dans l’organisation générale des enseignements, mais dont le pilotage manque de transparence et de garde-fous concernant un accroissement du tri social à l’université. Si ce projet permet une diversification des cursus et des modes d’enseignement, il inclut la création de « parcours de remédiation » dont on peut craindre qu’ils servent de voie de garage imposés à certains étudiants. Ce vote concernant la construction du nouveau bâtiment et non l’intégralité du projet Nexus, nous avons choisi de nous abstenir.
Après deux heures de séance, sans tambours ni trompettes, mais sous les applaudissements des présidents d’universités, le dernier conseil d’administration de la COMUE Languedoc-Roussillon s’est terminé. Une page contrastée de l’histoire se tourne. Une autre s’ouvre, et pas forcément dans l’intérêt des étudiants.
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
Organisation étudiante représentative siégeant au CA de la COMUE-LR
syndicat.scum@live.fr – www.combatuniversitaire.wordpress.com