Mercredi 21 novembre, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) a participé à la création du collectif de solidarité avec Pinar Selek 34.
En effet, une de nos adhérentes s’est rendue sur place au Planning Familial lors de cet événement et a même pu rencontrer Pinar Selek.
Pinar Selek est féministe, antimilitariste, sociologue écrivaine et militante en Turquie.
Le 11 juillet 1998 Pinar Selek est arrêtée suite à une recherche sur des militants kurdes, par la police qui l’a torturée afin qu’elle donne les noms des personnes qu’elle a interviewées.
Le 20 aout 1998, alors qu’elle est en prison, elle apprend qu’elle est accusée d’avoir déposé une bombe qui aurait le 9 juillet 1998 fait sept morts et de nombreux blessés au marché aux épices d’Istanbul. Or, il ne s’agit pas d’une bombe mais d’une bouteille de gaz qui a explosée accidentellement, cet accident a été maquillé en attentat dans le but de l’arrêter.
Cet événement, sera le début d’un long acharnement politico-judiciaire qui continue actuellement.
Elle va être emprisonnée pendant 2 ans et demi. Durant cette période un grand réseau de solidarité se met en place, parmi celui-ci se trouvent beaucoup d’avocats, d’intellectuels, de personnes qu’elle a croisé. Sa sœur abandonnera même son travail pour devenir avocate. Durant sa rétention, Pinar Selek écrit beaucoup mais l’intégralité de ses textes sont confisqués.
C’est en décembre 2000 qu’elle est libérée, faute de preuves. Elle va alors organiser une rencontre des femmes pour la paix à Diyarbakir, en région kurde de Turquie.
En 2001, avec des féministes elle fonde l’association Amargi qui s’engage :
– contre les violences faites aux femmes
– pour la paix
– contre toutes les dominations
– ouvre la première librairie féministe à Istanbul.
Cette association organise en 2002, la marche des femmes les unes vers les autres.
En 2004, Pinar Selek publie Barisamadik (Nous n’avons pas pu faire la paix), écrit qui porte sur la culture militariste et la mobilisation pour la paix en Turquie.
C’est en 2006 qu’elle créa la revue théorique féministe « Amargi » dont elle est toujours la rédactrice en chef.
Après un énorme travail collectif d’avocats, elle est acquittée en 2006. Ce travail collectif a fait tomber une à une les accusations portées contre elle et basées sur de faux témoignages obtenus avec de la torture et la fabrication de fausses preuves.
La cours de cassation fait appel de ce verdict preuve d’un acharnement contre Pinar.
Pinar quant à elle, continuera d’organiser des rencontres et des manifestations antimilitaristes, elle continuera aussi d’écrire dans des journaux et magazines qui sont contre : le militarisme, le nationalisme, l’hétérosexisme, le capitalisme et toutes formes de domination.
En 2008, Pinar est de nouveau acquittée, mais faisant preuve d’un acharnement sans faille, la cour de cassation casse le verdict et pousse Pinar Selek à partir de Turquie.
Le 09 février 2011, elle est acquittée pour la troisième fois, mais le procureur refait appel pour la troisième fois auprès de la cour de cassation, ce qui est très rare dans la jurisprudence turque.
Le 24 janvier 2013, la 12ème cour d’Istanbul qui a été remaniée, annule l’acquittement et condamne Pinar Selek à la prison à perpétuité. Ses avocats font appel, dénonçant le déni de justice et l’illégalité des procédures.
C’est le 11 juin 2014, qu’ils obtiendront l’annulation de cette condamnation auprès de la 9ème cour de cassation.
Le 19 décembre 2014, un procès auprès de la 15ème cour pénale, résulte d’un quatrième acquittement pour Pinar.
Mais le procureur a de nouveau fait appel et la Cour Suprême devra décidé prochainement.
Pinar Selek est installée en France depuis fin 2011, elle a publié quatre livres en français « Loin de chez moi… mais jusqu’où ? », « La maison du Bosphore », « Service militaire en Turquie et construction de la classe de sexe dominante. Devenir homme rampant » et « Parce qu’ils sont arméniens ».
Actuellement, elle enseigne les sciences politiques à l’université Sophia Antipolis-Nice et mène des recherches. Elle continue son engagement à distance avec la revue Amargi et en intervenant dans des rencontres au moyen de nouvelles technologies de communication.
Ce mercredi 21 novembre s’est donc créé le collectif de solidarité avec Pinar Salek 34, afin que les luttes de Pinar soient connues de tous. Les luttes de Pinar sont les nôtres !
Témoignage de notre adhérente :
« Au départ, je ne devais pas être présente mais finalement j’étais contente d’avoir pu assisté à cet événement. Pinar Selek est une vraie preuve de courage, elle réussit à sourire malgré tout ce qui lui est arrivé. J’ai pu découvrir à quel point les habitants de certains pays sont persécutés et ça donne envie de se battre pour que cela n’arrive pas en France. »
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr – www.combatuniversitaire.wordpress.com
Le communiqué officiel du Collectif, fondé par la LDH et le Planning Familial :
