
Ce lundi 2 juin 2025, les résultats des plateformes de candidatures Parcoursup et Mon Master sont tombés. Pour beaucoup d’étudiantes et d’étudiants, qui se retrouvent sans affectation dans la filière de leur choix, ces résultats vont avoir des conséquences importantes pour leur vie : impossibilité de suivre un cursus universitaire et de préparer un diplôme, perte des bourses et du logement étudiant, et parfois même expulsion du territoire français pour les étudiantes et étudiants internationaux, déjà assignés à un statut discriminatoire depuis plusieurs années.
Parcoursup et Mon Master ne sont pas des outils d’orientation, c’est une machine qui broie l’avenir des étudiantes et des étudiants. Ce sont des instruments de sélection sociale, et aussi de discrimination raciste : d’après une étude de l’ONDES, les étudiantes et étudiants avec des noms à consonance maghrébine et subsaharienne ont 12% de chances en moins d’obtenir une réponse que les autres étudiantes et étudiants.
Un système qui trie, qui exclut, qui détruit.
Chaque année, des milliers d’étudiants et d’étudiantes sont laissés sans affectation en Licence et Master, donc jetés à la rue de l’université. Ce sont des bacheliers recalés, des diplômés de Licence empêchés de poursuivre en Master. Ces plateformes sont l’aboutissement d’une mécanique implacable du système universitaire, combattue par le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM depuis sa création.
L’université, portée par ses enseignants, révèle ici sa fonction de création et de reproduction des inégalités scolaires et sociales, plus souvent au service des logiques capitalistes qu’à celui du savoir. En effet, dans un contexte de précarisation accélérée du marché du travail, cette limitation de l’accès au diplôme pour toute une génération va entraîner une explosion du nombre de personnes moins diplômées, donc plus susceptibles d’accepter des emplois précaires.
Chaque année, les universités décident elles-mêmes de la forme et de l’ampleur du tri social qu’elles pratiquent. Les enseignants définissent des critères de tri puis les appliquent en acceptant ou refusant les candidatures, et les instances de l’université fixent les “capacités d’accueil”, c’est-à-dire le nombre d’étudiantes et d’étudiants qui sera accepté par formation. Ici, les étudiantes et étudiants ne sont plus des être-humains, mais des numéros de dossiers dont le nombre sert juste de variable d’ajustement. Par exemple, à l’université de Montpellier Paul-Valéry, moins de 22% des candidatures en Master sont acceptées.
Un système qui trie, qui exclut (100 000 jeunes laissés pour compte chaque année), qui réprime (comme à l’université Paris 1 et à l’Université de Montpellier en 2018 ou à Paris Nanterre en 2023 quand on ose contester). Des bacheliers recalés, des diplômés de Licence bloqués à la porte du Master, des vies suspendues par des critères conçus pour éliminer.
Cette sélection produit un découragement massif, une démotivation, et une rupture avec le système éducatif. Elle produit aussi une orientation forcée, vers des filières non choisies ou vers l’enseignement privé pour celles et ceux qui en ont les moyens.
C’est l’accentuation des inégalités sociales, avec une université à deux vitesses : d’un côté, les filières d’élite, et de l’autre les laissées pour compte.
Nous sommes contre la sélection à l’université car cet outil élitiste jette à la rue des étudiantes et des étudiants de leur propre université. Parce qu’elle fait peser une pression destructrice sur des jeunes déjà fragilisés par la précarité, le mal-être étudiant, et les discriminations. Parce qu’elle participe à la reproduction et au renforcement d’une société et d’une économie basées sur les inégalités sociales. Parce qu’elle alimente un système d’exclusion qui réserve les meilleures formations à celles et ceux qui disposent déjà d’un patrimoine culturel élevé.
Pendant ce temps, la répression s’abat sur celles et ceux qui luttent partout en France contre la sélection : gardes à vue pour des occupations, interdictions de manifester, fichage des militants. A l’université de Montpellier Paul-Valéry, un élu étudiant est l’objet d’un véritable harcèlement disciplinaire de la part d’un groupe d’enseignants pour avoir évoqué l’étude de l’ONDES sur les biais racistes dans la sélection en Master.
Comme chaque année, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier accompagnera les étudiantes et étudiants “sans fac” dans leurs démarches afin d’obtenir l’inscription de toutes et de tous dans la filière de leur choix.
Nous continuerons à lutter pour imposer une revendication simple et nécessaire : la suppression de toute forme de sélection à l’entrée de l’université et en Master, garantissant ainsi un véritable droit à la poursuite d’études pour toutes et tous, sans condition.
Nous appelons à une mobilisation large pour mettre fin à la sélection. L’avenir ne se sélectionne pas, il se construit !
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr
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- Les mobilisations du SCUM contre la sélection en Licence et Master
- La sélection à l’université, c’est quoi ?
- Article du journal La Marseillaise du 06/06/2025 : “Le Scum reprend sa croisade pour inscrire les “sans fac” – https://combatuniversitaire.wordpress.com/wp-content/uploads/2025/06/lamarseillaise-06juin2025.pdf
[…] Lutte contre la sélection et mobilisation pour la révocation des profs racistes et contre la répression qu’ils font subir aux étudiants mobilisés. […]