À l’Université Paul-Valéry, le SCUM dénonce une liberté pédagogique ouverte aux dérives sectaires.
Lors du Conseil d’Administration de l’Université de Montpellier Paul-Valéry, qui s’est tenu ce mardi 18 février, les élus du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), le syndicat étudiant majoritaire, ont tiré la sonnette d’alarme sur de nouvelles dérives pédagogiques au sein du module “Humanités Écologiques”.
Concernant cette nouvelle affaire,les révélations du média “Le Poing Info” sont édifiantes. En effet, une enseignante en langue italienne se retrouve ici à encadrer une thèse en science de l’éducation, au sein du module “Humanités Ecologiques”.
Sous prétexte d’une formation des enseignants sur “une pédagogie expérientielle et régénératrice des humanités écologiques”, un séminaire d’enseignants au programme surprenant s’est tenu : chants bouddhistes, yoga, et promotion de pseudosciences. « Il y avait des ateliers où on devait contempler le paysage la main sur le cœur, des sortes de méditations avec des gestes incantatoires. [l’enseignante responsable du module] lisait des textes pendant que quelqu’un se roulait par terre dans les feuilles».
Un détournement de la taxe étudiante CVEC et des locaux de l’université pour promouvoir des pseudosciences ?
Les locaux de l’université sont aussi mis à contribution. Dans la salle Camproux de la Maison des Étudiants, une vidéo a été tournée dans le cadre du “Groupement d’intérêt scientifique” porté par cette enseignante responsable du module “Humanités Écologiques”. On peut y voir les enseignants demander aux étudiants de tourner en rond autour de feuilles mortes pour faire un « Conseil de tous les êtres ». Tout celà les yeux fermés en écoutant des sons de hiboux.
Pire encore, la somme de 14 000 € a été détournée de la taxe étudiante CVEC pour financer un film sur ce séminaire entre enseignants. Nous rappelons que la Contribution à la Vie Étudiante et de Campus (CVEC) est une taxe créée en 2018 dans le cadre de la loi ORE, qui a aussi mis en place le système de sélection Parcoursup. Cette taxe, d’un montant de 103€ en 2024, est imposée à tous les étudiants non-boursiers en supplément du paiement de leurs frais d’inscription.
Suite à l’intervention des élus du SCUM reprenant l’intégralité des faits évoqués ici, la présidence n’a pas répondu un seul mot. Nous ne saurons donc pas ce qu’on donné les deux saisines du déontologue concernant le module “Humanités Numériques” en 2023 et le Master “Pédagogie Quantique” en 2024.
Cette absence totale de transparence et de réaction témoigne d’une “liberté pédagogique” quasiment sans limites offerte à des enseignants en roue libre.
Le SCUM demande la suspension immédiate des formations incriminées, et la mise en place d’une véritable enquête menée de façon indépendante par un organisme extérieur à l’université.
Comme nous l’indiquions déjà en avril 2024, nous sommes dans un contexte mondial d’offensive réactionnaire, anti-science, identitaire et hostile aux droits des femmes et des personnes LGBT+.
Cette offensive prend appui sur les pseudo-sciences et les pratiques “new age”, notamment au sein des universités. La “liberté pédagogique” dont jouissent les enseignants ne peut pas être une porte ouverte au détournement de la taxe étudiante, à la diffusion de pseudo-sciences et de la promotion de mouvances religieuses ou sectaires.
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM syndicat.scum@live.fr
L’Université de Montpellier Paul-Valéry continue d’avoir recours aux contrats d’apprentissage pour pallier le manque de personnel, au lieu de créer de vrais postes de fonctionnaires. Cette pratique permet de faire tourner les services avec de la main-d’œuvre précaire, sous-payée et corvéable, tout en évitant d’embaucher du personnel titulaire avec des droits et des garanties. C’est une attaque directe contre le service public et les conditions de travail à l’université.
Face à cette politique de casse sociale, on aurait pu attendre un rejet unanime des organisations prétendument anti-capitalistes et progressistes. Pourtant, lors du Conseil d’Administration du 18 février, “Le Poing Levé” et “Solidaires Étudiant-e-s” ont voté POUR ces 9 nouveaux contrats d’apprentissage, cautionnant ainsi la précarisation des travailleurs.
Les seules organisations à s’être opposées à cette mascarade sont le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM et la CGT. Nous restons fermes : l’université doit embaucher des fonctionnaires, pas des apprentis pour masquer le manque de personnel !
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM syndicat.scum@live.fr
Dans un contexte d’explosion de la précarité étudiante, d’un durcissement de la sélection sociale et raciste en Licence et Master, et du développement de biais racistes et répressifs au sein du corps professoral, nous avons aussi défini nos priorités pour l’année à venir : développement de nos distributions alimentaires, lutte contre la sélection et mobilisation pour la révocation des profs racistes et contre la répression qu’ils font subir aux étudiants mobilisés.
Ce mardi 4 février à 8h, les étudiants de Licence 2 Information-Communication à l’Université Paul-Valéry ont découvert une scène inhabituelle : rubalise de chantier, affichettes annonçant la « clôture » de l’amphithéâtre et distribution de tracts.
Cette fermeture symbolique organisée par le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM, le syndicat étudiant de Montpellier, visait à dénoncer la sélection drastique à l’entrée en Master. Ces places condamnées représentant les nombreux étudiants jetés à la rue de la fac après l’obtention de leur Licence.
Cette action intervient au lendemain de l’ouverture de MonMaster, plateforme jumelle de Parcoursup, où les étudiantes et étudiants sont soumis à une compétition féroce pour décrocher une place en Master. Les militants ont dénoncé une sélection sociale et raciste, qui exclut chaque année de nombreux étudiants, pourtant diplômés, des bancs de l’université.
Les conséquences de cette exclusion sont dramatiques : perte du statut étudiant, suppression des bourses et des logements CROUS, voire expulsion du territoire français pour les étudiants étrangers. Cette politique institutionnelle broyant des parcours de vie condamne une partie de la jeunesse à une précarité insupportable.
Cette réalité illustre une tendance plus large où l’origine réelle ou présumée des étudiants constitue un déterminant crucial de la réussite universitaire, aux côtés du genre, de la classe sociale et du niveau d’études des parents. Ces discriminations systémiques renforcent les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur et produisent une logique élitiste.
En parallèle, la situation des étudiants étrangers est encore plus critique. Ces derniers subissent un cumul de précarités : difficultés d’accès au logement, à l’emploi et aux soins, souvent aggravées par des retards administratifs injustifiés dans la délivrance des titres de séjour. Ces retards les privent des APL et du droit de travailler, renforçant une situation de marginalisation économique. Pire encore, ils sont systématiquement exclus du système de bourses, ce qui représente une forme de discrimination institutionnalisée.
Les militants dénoncent également l’effet pervers d’une marchandisation croissante de l’enseignement supérieur : l’université se révèle être un outil de reproduction sociale de plus en plus réservé à une élite, au détriment de la mission dont elle s’affuble officiellement : garantir une éducation publique, gratuite et accessible à tous.
Face à cette politique d’exclusion, les militants ont appelé à la solidarité étudiante et à une mobilisation massive contre cette ségrégation universitaire déguisée en « méritocratie ».
Cette lutte contre le tri social à l’université s’inscrit dans un combat essentiel pour l’égalité et la justice, pour défendre notre droit à un avenir.
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM syndicat.scum@live.fr
Ce lundi 3 février, les offres de formation de septembre 2025 sont publiées sur la plateforme “MonMaster”. Face à ce tri social à l’université, le SCUM, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier, se mobilise et s’organise contre la sélection sociale et raciste en Master.
Cette sélection sociale a d’importantes conséquences pour les étudiantes et étudiants. Elle impacte fortement leur avenir professionnel tout en entraînant la perte des bourses et du logement étudiant, renforçant ainsi les inégalités sociales et la précarité étudiante. De plus, les étudiantes et étudiants internationaux risquent l’expulsion du territoire français en perdant leur visa étudiant.
Mais celle-ci n’est pas sans conséquences. En effet, le SCUM subit une répression syndicale importante à travers l’utilisation de la section disciplinaire de l’Université Paul-Valéry. En 2023, un de nos membres a été visé par cette répression après avoir dénoncé le racisme dans la sélection en Master en s’appuyant sur l’étude de l’ONDES. Plus récemment, ce même bénévole a été convoqué en section disciplinaire pour avoir demandé un rendez-vous à une professeure afin de faire inscrire une étudiante qui risquait l’expulsion du territoire français.
Nous appelons les étudiantes et étudiants à nous rejoindre afin de se battre ensemble contre la sélection et pour un avenir sans tri social ni précarité.
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM syndicat.scum@live.fr
À Montpellier les étudiantes et étudiants en situation de précarité peuvent entrer en contact avec les assistantes sociales du CROUS pour obtenir des aides d’urgence en cas d’extrême situation de précarité. L’enveloppe de financement de ces aides vient du CNOUS, le centre national des œuvres universitaires, le CROUS national ; à ce jour il n’y a plus suffisamment de fonds dans cette enveloppe pour les étudiants à découvert.
Dans tous les CROUS de France, les étudiantes et étudiants peuvent contacter les assistantes sociales pour obtenir des aides d’urgence comme des repas gratuits mais surtout des aides financières. Ces aides sont indispensables pour les étudiantes et étudiants dans des situations d’extrême précarité, pour qu’ils mangent à leur faim, aient encore de l’électricité dans leurs logements.
En cette fin d’année l’enveloppe n’est plus suffisante, ce mardi 16 décembre au CROUS en commission aides sociales d’urgence, plus de 21 000€ d’aides d’urgence avaient été évaluées par les assistantes sociales, celles- ci ont été réduites à seulement 8 753€. La conséquence, des étudiantes et étudiants qui n’obtiennent pas une aide à la hauteur de l’urgence.
Une hausse du financement des aides directes par le CNOUS, afin d’aider chaque étudiante et étudiant à hauteur de ses besoins
Une réforme des bourses afin qu’aucune étudiante et aucun étudiant ne soit sous le seuil de pauvreté
La construction massive de logements CROUS
Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier continuera à agir concrètement et lutter pour instaurer le rapport de force permettant de changer nos conditions de vies et d’études.
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM syndicat.scum@live.fr
Anne Fraisse a été réélue présidente de l’Université de Montpellier Paul Valéry lors du Conseil d’Administration de ce mardi 17 décembre 2024. Seule candidate, elle a recueilli 22 voix sur les 32 membres.
Les seuls élus étudiants a s’être exprimés sont les deux élus du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM). Nous avons réaffirmé notre engagement à agir et lutter contre la précarité, la sélection, le racisme et l’antisémitisme à l’université, dans un contexte de plus en plus répressif.
En effet, pour la deuxième fois en moins d’un an, un de nos élus est la cible d’une “procédure baillon” qui s’apparente à un véritable harcèlement ciblé. Un groupe d’enseignants le convoque en section disciplinaire pour avoir participé à la lutte des étudiants refusés en Master, ainsi que pour avoir dénoncé des biais racistes et antisémites au sein de l’université. Il s’agit ici, en ciblant un syndicaliste de façon individuelle, d’invisibiliser une lutte collective et de réduire au silence les milliers d’étudiantes et d’étudiants qui ont fait du SCUM le syndicat étudiant majoritaire de l’université.
De plus en plus, la présidence semble se contenter uniquement de discussions informelles en marge des instances, et ne donne aucune suite à nos demandes répétées de rendez-vous officiels. Ainsi, le SCUM s’est abstenu lors du vote pour la réélection d’Anne Fraisse, afin de mettre en lumière cette dégradation tout en affirmant notre volonté de dialogue afin de porter efficacement les revendications et projets soutenus massivement par les étudiantes et étudiants.
Que ce soit dans les instances comme dans les mobilisations, le SCUM sera toujours déterminé et combatif !
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM syndicat.scum@live.fr
Ce mardi 03 décembre se déroulait le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU) de l’Université Montpellier Paul-Valéry. Cette instance était réunie afin de fixer le nombre de places et les critères de recrutement en Licence et Master pour l’année 2025-2026. C’est ce vote, basé sur les demandes des enseignants qui dirigent les formations, qui constitue la base du tri social et élitiste opéré en première année de Licence et en première année de Master.
Lors de la séance du CEVU de ce mardi, les élus “Super Chatons Ultra Mignons” du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) ont interrompu le vote sur la sélection et déployé une banderole. Il s’agissait de pousser les membres enseignants de l’instance à se positionner contre les politiques de sélection, et donc voter contre la fixation des critères et quotas d’accueil en Licence et Master. La question de la situation budgétaire critique de l’université a été longuement abordée, puisque le ministre de l’enseignement supérieur Patrick Hetzel ne semble pas disposé à fournir à l’université une dotation budgétaire pérenne correspondant à ses besoins. La présidente de l’université a indiqué avoir entendu les revendications du SCUM avoir refusé les baisses de places réclamées par les enseignants. Quelques augmentations ont aussi été obtenues. Pour le SCUM, ce n’est pas à l’université de devoir s’adapter toujours davantage aux politiques d’austérité budgétaires. A l’inverse, l’université doit les rejeter en permettant à chaque étudiante et étudiant de suivre le cursus de son choix.
Si l’action du SCUM a permis de convaincre certains enseignants de faire volte-face et de voter contre les capacités d’accueil, celles-ci ont été adoptées dans un premier temps avec une seule voix de différence, car d’autres syndicats étudiants présents n’avaient malheureusement pas pris la peine d’établir des procurations pour leurs élus absents. Un désintérêt poussé à l’extrême par l’élue du parti politique “Le Poing Levé” quelques minutes plus tard lors d’un débat annexe ou elle réclamait un local pour son parti : elle a carrément apporté son soutien à la répression orchestrée par le syndicat enseignant SNESUP-FSU contre la lutte des “sans fac” l’année dernière.
Cependant, le SCUM est parvenu, comme en janvier 2023, à faire voter en fin de séance, par 14 voix contre 9, la délibération suivante :
“ Le Conseil des études et de vie universitaire (CEVU) de l’Université Montpellier Paul Valéry, décide de ne pas fixer de capacités d’accueil en Licence et Master pour l’année universitaire 2025-2026 et ne votera pas de capacité d’accueil lorsque celles-ci seront proposées à l’ordre du jour. Aux côtés de l’ensemble des personnels, des enseignantes, des enseignants, des étudiantes et des étudiants, nous considérons que la pénurie budgétaire réelle qui frappe l’ensemble des universités ne peut pas être combattue en acceptant de sélectionner les étudiantes et étudiants. Bien au contraire, elle ne peut se combattre qu’en réaffirmant le droit inaliénable à étudier pour toutes et tous. Nous refusons aujourd’hui et demain de voter des capacités d’accueil au sein de notre université tant que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) refusera d’attribuer à notre établissement une dotation budgétaire pérenne à la hauteur de nos besoins. Nous appelons l’ensemble des universités, de leurs personnels et de leurs présidences à nous rejoindre dans cette démarche.”
Il pourrait s’agir d’une véritable victoire contre la sélection puisque si cette délibération était suivie par le Conseil d’Administration de l’Université Paul Valéry, il n’y aurait pas de sélection en Licence et Master pour l’année 2025-2026.
Cependant, comme l’année dernière, la présidence de l’université a indiqué sa volonté de ne pas suivre cette décision et de refaire voter les critères et quotas d’accueil lors du prochain Conseil d’Administration de l’université. C’est cette instance qui est au final décisionnaire pour les décisions ayant une incidence budgétaire.
Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier continuera à se tenir aux côtés des étudiantes et étudiants impactés par cette sélection, en particulier les plus précaires. Nous ne sommes pas des numéros de dossier !
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM syndicat.scum@live.fr
Chaque année universitaire est marquée par l’accroissement de la sélection à l’université. Ce début d’année 2024-2025 l’a de nouveau démontré.
Refusés par les présidences d’universités et un corps professoral de plus en plus élitiste, des milliers d’étudiantes et d’étudiants se retrouvent sur la touche, privés d’affectation dans une université. Lorsque la rentrée approche, ces étudiantes et étudiants, désormais “sans-fac”, se retrouvent angoissés et dans l’incertitude la plus complète concernant la suite de leur cursus. Cette sélection sociale n’a pas qu’un impact sur leur avenir, le fait d’être privés d’accès aux études, entraîne la perte du statut d’étudiant donc des bourses et du logement étudiant. La sélection sociale est une fabrique immédiate de la précarité, ainsi que la fabrique d’une future main-d’œuvre non diplômée destinée à des métiers précaires.
Pour les étudiantes et étudiants internationaux, cette sélection entraîne la perte du visa étudiant et donc une probable expulsion du pays.
À Montpellier, une mobilisation de longue haleine face au corps professoral.
Chaque année à Montpellier, depuis 9 ans maintenant, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) mène une intense mobilisation afin que chacune et chacun puisse s’inscrire dans la filière de son choix.
A la rentrée 2024, après un long travail de recensement et d’aide aux divers recours durant l’été, qui ont permis d’obtenir de nombreuses inscriptions, le SCUM a accompagné dans leurs démarches 53 étudiantes et étudiants sans affectation en Licence ou Master après avoir épuisé les recours. Nous tenons à préciser ici que ce chiffre ne reflète absolument pas l’ampleur de la sélection sociale. Par exemple, à l’université Paul-Valéry Montpellier 3, sur 29701 vœux faits en Master 1, seulement 6480 réponses ont été favorables. 21,82% : c’est le taux de réponses positives pour cette année dans cette université.
Par ailleurs, moins d’étudiants ont contacté le syndicat que d’habitude, mais il n’y a pas plus de places en master. Ce qu’il faut souligner cette année, c’est l’élargissement de la période complémentaire, les étudiants sont laissés dans le doute de la file d’attente, une longue période de juin à mi-octobre, plus de 3 mois dans l’espoir mais aussi l’angoisse d’obtenir une admission dans la filière que l’on souhaite. Avec, au-delà de la santé mentale, des impacts sur la vie de l’étudiant, notamment sur le logement, l’emploi, les aides sociales et autres.
Avec les étudiantes et étudiants sans-fac, les mois de septembre et octobre ont été extrêmement intenses afin d’essayer d’obtenir des inscriptions : rassemblements, envahissements d’instances universitaires, rendez-vous au Rectorat et avec les présidences d’universités, sollicitation des enseignants et directeurs de master…etc.
Cette année la mobilisation était également nationale avec l’organisation d’une journée nationale de lutte contre la sélection sociale à l’université le jeudi 3 octobre. Cette journée fut appelée conjointement par le SCUM, l’UNEF TACLE et les collectifs de sans-fac. A Montpellier, les sans-fac et leurs soutiens se sont rassemblés devant le Rectorat pour demander des inscriptions. Cette journée a également été soutenue et rejointe par de nombreux partis politiques et syndicats. Nous apportons notre soutien à tous les collectifs de sans fac en France, notamment à Nanterre où ils subissent un mépris de la présidence et une violence répressive inouïe.
Il est important de souligner que plusieurs enseignants des deux universités montpelliéraines, lorsque que nous les avons sollicités, nous ont aidé à débloquer plusieurs situations. Cependant, nous constatons malheureusement que cette année encore, les enseignants-chercheurs directeurs de master ou non, peu importe leur étiquette politique, furent excessivement mobilisés afin d’empêcher des étudiantes et étudiants d’être inscrits dans le cursus de leur choix. Certains enseignants de l’université Paul-Valéry allant même jusqu’à réclamer une répression contre les “sans-fac” mobilisés.
Une répression radicalisée
Quelle fut notre surprise à l’heure du premier rassemblement du collectif de sans-fac devant le rectorat d’être accueillis par un agent du renseignement territorial, bondissant comme un diable de sa boite. Celui qui aurait pu rester dans son rôle pour une anecdotique opération de renseignement s’est transformé en véritable ambassadeur du Rectorat. Celui-ci n’a pas ménagé ses efforts en suivant le collectif d’étudiants éjectés de leurs universités toute une matinée alors que ceux-ci allaient réclamer des inscriptions auprès des directions, l’énergumène s’est montré un peu désabusé devant celles-ci, se démenant comme un diable dans un bénitier, n’ayant pas réussi à entamer la motivation des étudiants. Sa dernière apparition a eu lieu dans un rendez-vous entre une délégation des sans-fac et du SCUM et le rectorat pour obtenir des inscriptions.
Ces méthodes ont de quoi interroger. Le Rectorat, incapable de défendre son action fait appel aux services de sécurité intérieure face à des étudiants demandant une inscription à la fac. Les moyens et le temps passé à organiser la surveillance du collectif de sans-fac ne pourraient-ils pas servir à leur trouver des inscriptions et ouvrir des places en licence et master ?
Suite à la mobilisation, de nombreux étudiants inscrits !
Cette mobilisation au long cours, éprouvante pour les étudiantes et étudiants concernés, n’aura pas été vaine pour autant. De nombreux “sans-fac” mobilisés avec le SCUM ont finalement reçu une proposition d’admission, et au final, 14 étudiantes et étudiants sont inscrits dans la filière de leur choix grâce à la lutte.
Pour l’Université Paul-Valéry, c’est 10 inscriptions obtenues, sur les autres, 3 étaient inscrits dans d’autres formations ; 9 sont aujourd’hui éjectés de l’université.
À l’Université de Montpellier, le collectif a obtenu 4 inscriptions. Il reste presque 30 étudiants recensés, sur le carreau.
Si nous nous félicitons de ces résultats, nous n’oublions pas que beaucoup d’étudiantes et d’étudiants ont finalement baissé les bras face aux refus froids et indifférents des enseignants, ou face aux propositions d’admissions comiques qui leur étaient faites. Vous vous interrogez sur la pertinence d’un cursus en Master Sociologie quand on était en Licence art du spectacle auparavant ? Nous aussi.
La question de la sélection en 2024 à l’Université Paul-Valéry
Pour rappel, le SCUM, en tant que syndicat étudiant majoritaire, avait fait voter lors du CEVU (Conseil des études) du 10 janvier 2023puis le 6 février 2024 une délibération mettant fin, respectivement pour l’année 2024-2025 et 2024-2026, au traditionnel vote des quotas de sélection en Licence et Master tant que le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (MESR) refusera d’attribuer à notre établissement une dotation budgétaire pérenne à la hauteur de nos besoins.
Par ces propositions adoptées, nous avons voulu lier la question budgétaire à la question de la sélection, dans un contexte où l’université a débuté l’année civile 2023 avec un déficit de 11 millions d’euros. Il s’agissait ici de faire de la sélection une question centrale, alors que bien souvent les étudiantes et étudiants ne sont vus que comme de simples variables d’ajustement dans l’architecture budgétaire de l’établissement.
À ce jour, l’université Paul Valéry n’a pas de dotation budgétaire à la hauteur des besoins de l’établissement, ce qui impliquerait donc un non vote des quotas de sélection. Espérons que les présidences d’université agiront pour obtenir davantage de moyens pour accueillir tout le monde dans de bonnes conditions plutôt que de restreindre l’accès aux études à plus d’étudiantes et étudiants sous prétexte d’austérité.
Nous craignons cependant que l’université ne fera que révéler une nouvelle fois la réalité de sa fonction : celui de faire du tri social et élitiste.
Face à ces logiques mortifères, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier continuera à se tenir auprès des étudiantes et étudiants sans-fac et poursuivra sa lutte contre la sélection sociale pour les années à venir.
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM syndicat.scum@live.fr
La présidence de l’université avait prévu de diviser par deux la représentation étudiante au sein des quatre commissions statutaires de l’université : la commission des finances (budget), la commission des structures (règlement intérieur, organisation des instances), la commission des relations internationales (accueil des étudiants internationaux, Erasmus, coopération internationale) et la commission patrimoine (rénovations, mobilier, aménagement des campus).
Les élus étudiants “Super Chatons Ultra Mignons” du SCUM, seul syndicat étudiant présent, se sont opposés à ce projet visant à réduire le pouvoir de décision des étudiants au sein de l’université.
Nous avons obtenu le rétablissement du nombre initial de représentants étudiants à 8 dans chacune de ces commissions de l’université.
Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier continuera à agir pour que les étudiantes et étudiants aient leur mot à dire sur la façon dont est gérée l’université !
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM syndicat.scum@live.fr