Université de Montpellier : démocratie étudiante cadenassée et sélection sociale et raciste dénoncée.

Ce lundi 19 janvier à l’Université de Montpellier se tenait le premier Conseil Académique pour les nouveaux élus étudiants de la liste “Super Chatons Ultra Mignons”, portée par le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM).  Cette première réunion de cette instance dirigeante de l’université revêtait une importance particulière. En effet, les élus étudiants ont eu à élire la vice-présidence étudiante ainsi que les représentants des étudiants qui siégeront au sein de la commission disciplinaire. 

Des enjeux importants pour les étudiantes et étudiants : 

La commission disciplinaire de l’université a pour tâche de juger et d’établir des sanctions à l’encontre des étudiantes et étudiantes de l’université accusées d’avoir enfreint le règlement intérieur. Les accusations de plagiat, de triche voire de violences y sont donc traitées, par des représentants des enseignants et des étudiants. La présence des élus étudiants y est capitale afin de s’assurer que les décisions soient les moins injustes possibles. A titre d’exemple, une étudiante en Master de la Faculté de Droit a été exclue de l’université pour avoir juste critiqué le contenu d’un cours dans un e-mail envoyé à d’autres étudiants. L’enseignante concernée et son égo ont donc jugé bon de virer cette étudiante et de la priver de la préparation de son diplôme ! Ici, la commission disciplinaire semble servir d’outil de répression et de censure à l’encontre de la communauté étudiante. Comment améliorer nos conditions d’études si toute critique, toute suggestion, est susceptible d’entraîner une exclusion de l’université ?

De plus, le conseil de ce lundi devait aussi aboutir à l’élection de la vice-présidence étudiante.

Une représentation étudiante renouvelée suite à l’élection de novembre.

Pour rappel, les résultats de l’élection des représentants étudiants aux conseils centraux de l’Université de Montpellier en novembre dernier ont continué sur leur même lancée. La liste étudiante majoritaire depuis plus de 10 ans, Les “Elum”, un conglomérat de quelques BDE et Corpo officiellement “apolitiques”, ne sont pas parvenus à récupérer leur majorité perdue il y a deux ans face au SCUM dans 2 des 3 secteurs de formation de l’université, malgré d’importants moyens logistiques, humains et financiers déployés. Seuls les étudiantes et étudiants du secteur Santé l’ont placée en tête. La liste syndicale du SCUM est arrivée première dans deux secteurs sur trois, et a totalisé plus de 36% des suffrages à l’échelle de l’université. Arrivée 3eme avec moins de 9% des voix et n’ayant que deux élus, la liste de l’UNI s’est effondrée. L’organisation “Renouveau Syndical” lancée pour promouvoir le maire de la ville est arrivée dernière du scrutin, et arrache un élu à la CFVU DJEG (Droit et Gestion).

Les choix des “Élum” : Uniquement leur point de vue pour juger les étudiantes et étudiants, et la politique de Macron pour l’université.

Lors de ce Conseil Académique, les élus étudiants votaient pour l’attribution des 12 places au sein de la commission disciplinaire.

Dans ce contexte, la liste “Elum” officiellement apolitique est restée fidèle à son corporatisme habituel. Non content de disposer des 20 voix sur 40, les “Elum” ont fait le choix de s’approprier les 12 sièges dans cette commission au détriment de toute représentativité vis-à-vis des autres listes présentes. Un choix dans la droite ligne d’un corporatisme qui fait fi de toute nécessité de représentativité et cherche à monopoliser chaque poste, pour rester dans les bonnes grâces de la présidence et maintenir l’opacité dans les instances de l’Université.

Ainsi, sans surprise, la Vice Présidente Etudiante (VPE) Alexane Lequart a été réélue par une majorité des enseignants après un discours où elle s’est revendiquée en soutien à la politique gouvernementale de sélection sociale avec Parcoursup et MonMaster. Dans un contexte où la sélection sociale prive toujours plus d’étudiants d’accès à l’enseignement supérieur et où le SCUM recense toujours plus d’étudiants sans affectation à la fac chaque année, cette prise de position pour la sélection détonne.  Dans son discours de candidature, elle a évoqué une seule fois la précarité étudiante alors que 41% de la population étudiante de l’Université de Montpellier avoue sauter des repas faute de moyens, démontrant l’ampleur de la précarité. À la place, elle a proposé l’organisation de “cafés débats”. Les milliers d’étudiantes et d’étudiants qui font la queue chaque semaine aux distributions alimentaires gratuites pour se nourrir, dont celles du SCUM, apprécieront ce cynisme absolu.

Comme il y a deux ans, nous ne pouvons que nous inquiéter du fait que les “Elum” s’octroieront à nouveau l’intégralité des sièges de représentants étudiants dans la commission CVEC. Les 105€ de taxes prélevés à chaque étudiant non boursier serviront t’ils pour l’accès à la santé, la lutte contre la précarité, ou plutôt au financement obscur des quelques BDE à l’initiative de cette liste ? Nous n’en saurons rien, puisque seuls les “Élum” seront juge et partie pour décider s’ils s’attribuent à eux-même l’argent des étudiants ou non.

Cette candidate des “Élum” à la vice-présidence étudiante étant soutenue par la présidence de l’université, le résultat du vote était déjà connu d’avance et son élection déjà acquise. Cependant, nous ne pouvions pas laisser sans aucune opposition une personne qui reprend mot pour mot les politiques du gouvernement qui précarise les étudiants. Nous avons donc fait le choix de présenter un candidat à cette fonction afin de porter l’exigence de la lutte contre la précarité , la sélection sociale et raciste et les discriminations dans l’enseignement supérieur. 

Malgré un contexte verrouillé par la présidence de l’université, nous nous félicitons d’avoir obtenu le soutien de 6 représentants des personnels, enseignants et doctorants en plus de nos 5 élus étudiants au Conseil Académique. Cela démontre qu’il est possible de convaincre malgré la radicalité de nos prétentions.

La présidence de l’Université menace et intimide face à la dénonciation de la sélection raciste

Cerise sur le gâteau, la candidature de notre élu a été l’occasion de réaffirmer notre engagement contre la sélection sociale et raciste. Ce passage n’a pas plu à la présidence, c’est peu de le dire.

Sous couvert d’une question posée sur “la raison pour laquelle le SCUM parle d’une sélection raciste”, le Directeur de l’UFR Sciences Jean Michel Marin a affirmé que le SCUM cherchait à provoquer le corps enseignant à travers cette expression. Reconnaissons sa démarche, il reconnaît la légitimité de l’étude de l’ONDES “Si y a des biais sociologiques, il faut les étudier”. Il est dommage qu’il n’aille pas jusqu’à en tirer les conséquences : l’université n’est pas imperméable au racisme structurel de la société française, qui se répercute de manière systémique dans un tri social et raciste. Aujourd’hui, un étudiant ou une étudiante dont le nom et le prénom signale une origine juive ou maghrébine à 15% de chance de moins d’accéder à un master relativement à une candidate avec un nom et un prénom signalant une appartenance à la majorité de la population française. (ONDES, Rapport d’étude n° 24-01, Sélection à l’entrée en master : les effets de l’origine et de la religion).

Mais dans ce Conseil Académique, l’intimidation et la menace ont franchi un cap. Mr Marin a menacé d’attaquer le SCUM en justice pour diffamation. Plus encore, le président Philippe Augé, a expliqué avoir étudié la possibilité de saisir le procureur ou déposer une plainte contre nous et qu’il envisage de le faire en fonction de notre discours durant ce nouveau mandat. Soyons clairs, nous n’avons rien à nous reprocher et cette tentative d’intimidation ne nous fera pas reculer lorsqu’il s’agit de défendre les étudiantes et étudiants de l’Université de Montpellier.

La défense des droits étudiants ne se limite pas aux instances restreintes de l’université. Au contraire, c’est par l’investissement d’un maximum d’étudiantes et d’étudiants dans les actions et les mobilisations collectives portées par le SCUM qu’on pourra obtenir des avancées et des améliorations de nos conditions de vies et d’études !

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr 


-> Voir ici l’activité des élus SCUM – Super Chatons Ultra Mignons au sein des conseils centraux.

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