
Ce mercredi 10 décembre 2025 a eu lieu le premier Conseil d’Administration (CA) de l’Université de Montpellier. Un premier CA d’installation qui fait suite aux élections des différents collèges de l’Université de Montpellier.
Ainsi, la liste “Super Chatons Ultra Mignons : contre la précarité et la sélection à l’Université” était représentée par ses deux élu·es afin de défendre les intérêt des étudiantes et étudiants de l’Université de Montpellier.
Seul point inscrit à l’ordre du jour : le vote de quatre personnalités qualifiées qui siègeront également dans ce conseil pour les quatre années à venir. Présenté·es par la liste du président de l’université Philippe Augé, chaque personnalité à fait l’objet d’une présentation. Ainsi ont été désignés Arnaud Pradel – Société Horiba Médical ; Anne-lise Melki ; Anne Emmanuelle ROUSSEAU – BRL (groupe de gestion de l’eau) ; Catherine Baldo – Banque Populaire du Sud.
Mais ce Conseil d’Administration ne s’est finalement pas tenu au seul vote de ces personnalités extérieures. En effet, cela a été l’occasion, notamment pour la liste syndicale d’opposition “Pour une Université de Service public” et la liste du SCUM “Super Chatons Ultra Mignons” d’introduire ce conseil par une déclaration liminaire. Un exercice qui consiste à donner les grandes lignes des prochaines années dans les conseils.
Ainsi, pour la liste “Super Chatons Ultra Mignons”, cette déclaration a pris la forme d’un état des lieux sur le cadre institutionnel de l’Université de Montpellier, notamment dans le cadre du projet de passage en grand établissement pour l’année 2027. Effectivement, un tel projet pourrait attaquer les droits des étudiantes et étudiants, comme cela a pu déjà être observé dans d’autres établissements passés sous ce statut, comme l’augmentation des frais d’inscription renforçant de fait la sélection sociale. De plus, ce statut est historiquement lié à une remise en cause des statuts des personnels fonctionnaires, ouvrant la voie à la précarisation du travail, ce qui ne fera qu’aggraver les conditions des travailleuses et travailleurs de l’Université et dont les conditions d’étude des étudiantes et étudiants vont pâtir.
L’occasion également d’alerter sur les conditions d’étude et de vie des étudiantes et étudiants à l’Université de Montpellier en rappelant les résultats de la grande enquête sur la vie étudiante parue au début du mois de novembre qui constate notamment que 90% des étudiantes et étudiants ayant répondu à cette enquête ont déjà vécu des épisodes de détresse psychologique.
Mais ce qui a le plus fait réagir lors de ce Conseil d’Administration, c’est l’affirmation de l’existence d’une sélection sociale et raciste organisée au sein de l’Université. Cette sélection raciste, c’est une étude de l’Observatoire national des discriminations dans l’enseignement supérieur qui a récemment confirmé que les candidatures en Master avec une consonance d’origine maghrébine, juive ou asiatique ont 15 % de chances en moins d’être acceptées. Plus grave encore, elle frappe de plein fouet les étudiantes portant le voile, qui ont 80% de chances en moins d’obtenir une réponse positive dans la recherche de contrats d’apprentissage.
Ces résultats ont suscité de vives réactions au sein du Conseil, notamment de la part de M. Christian Assaf, représentant officiel de la Région Occitanie, qui a remis en cause la légitimité de ces données, allant jusqu’à mettre en doute la réalité d’un antisémitisme présent dans la sélection universitaire. Nous soulignons la gravité d’un tel déni dans un contexte d’augmentation de l’antisémitisme, ainsi que la dangerosité de remettre en cause des travaux scientifiques indépendants, menés par des chercheuses et chercheurs de l’Université Gustave Eiffel.
Ce racisme structurel à l’Université se manifeste à plusieurs niveaux. Il se traduit d’abord par des propos racistes et islamophobes, tels que celui rapporté par une étudiante de l’Université de Montpellier : « Nous, on n’aime pas trop les voilées ». Mais il a aussi des conséquences tragiques, comme en témoigne le drame survenu à Rouen en mars 2025, où un étudiant a tenté de mettre fin à ses jours suite au harcèlement raciste dont il était l’objet de la part d’un professeur, révélant la détresse profonde engendrée par les discriminations quotidiennes vécues par de nombreux étudiants et de nombreuses étudiantes.
Au-delà de ces violences, nous dénonçons également la répression croissante des voix contestataires face à cette sélection raciste. En effet, en 2024 un élu étudiant du SCUM avait été mis en section disciplinaire à deux reprises à l’Université Paul-Valéry pour avoir mentionné une étude scientifique révélant les biais racistes de la sélection en Master. Aujourd’hui, c’est au sein même de ce Conseil d’Administration de l’Université de Montpellier qu’il a été sous-entendu que des poursuites pourraient être déclenchées contre les élues et élus du SCUM qui oseraient dénoncer le racisme et l’antisémitisme.
Quelques semaines après le vote massif des étudiantes et étudiants en leur faveur, les “Super Chatons Ultra Mignons” du SCUM s’illustrent comme les seuls opposants au projet de grand établissement de l’Université de Montpellier et aux politiques de tri social et raciste. Au-delà des instances universitaires, nous appelons les étudiantes et étudiants à nous rejoindre afin de construire ensemble les futures mobilisations qui nous permettront d’obtenir des avancées concrètes pour l’amélioration de nos conditions d’études et de vie !
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr
-> Voir ici l’activité des élus SCUM – Super Chatons Ultra Mignons au sein des conseils centraux.
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