
Le gouvernement prévoit dans le Projet de Loi de Finances 2026 de restreindre les APL pour les étudiantes et étudiants extracommunautaires (hors UE) non boursiers. C’est pour elles et eux une perte valant entre 100 et 250 € de moins par mois. Ce n’était pas déjà suffisant de leur imposer, des frais d’inscriptions jusqu’à 16 fois plus élevés que pour leurs homologues européens. Pour rappel, ce dispositif de “préférence nationale” ironiquement intitulé “Bienvenue en France”, avait été mis en place par le gouvernement en 2018 pour les étudiantes et étudiants extra-européens. Suite à des mobilisations partout en France, l’application de cette hausse des frais d’inscription avait été laissée au choix des universités. A Montpellier, suite à une lutte de longue haleine, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) avait obtenu que les deux universités n’appliquent pas ces frais d’inscription différenciés. Il était aussi insuffisant pour le gouvernement d’attaquer les étudiantes et étudiants internationaux avec la “loi immigration”, en instaurant des statuts discriminatoires et des restrictions financières.
Alors que, dans les années récentes, le nombre d’étudiantes et étudiants bénéficiaires des APL est passé de 900 612 (34 %) à 730 000 (25 %) en 2024, cette réforme serait une nouvelle coupe brutale dans l’aide au logement étudiant. Le SCUM et l’Union Étudiante alertent sur cette proposition raciste qui promeut la préférence nationale : ce sont près de 300 000 étudiantes et étudiants qui se retrouveront sans APL ! Le gouvernement veut désormais mettre les étudiants étrangers à la rue !
Étant exclus du système de bourses, ces étudiantes et étudiants sont très souvent obligés de se salarier. Or, 22% des étudiantes et étudiants étrangers exercent une activité très concurrente à leurs études, plus de 20h par semaine et pendant 6 mois ou plus dans l’année [chiffres issus du dossier de rentrée 2025 de l’Union Étudiante]. Cette exclusion des APL intervient alors que les étudiant·es étranger·es sont déjà confronté·es à une grande précarité. D’après l’Observatoire de la vie étudiante (OVE), 62 % ont eu recours à l’aide alimentaire ou en auraient eu besoin, contre 22 % des étudiantes et étudiants français.
Aujourd’hui, c’est un véritable parcours du combattant pour être admis à l’Université et obtenir un visa, précarité financière explosive, discriminations dans l’accès au logement ou à l’emploi, frais d’inscription exorbitants à payer depuis Bienvenue en France – qui impose des frais d’inscription différenciés depuis 2019, difficultés pour les démarches administratives et en particulier pour les renouvellements de titres de séjour : désormais, leur accès à un logement digne, déjà difficile, sera rendu presque impossible.
En bref, ce projet de loi de finances prévoit très clairement de jeter les étudiantes et étudiants extracommunautaires dans la rue, sans aide au logement et alors que la précarité n’a jamais été aussi forte !
La mobilisation dans les médias
- Maghreb Emergent du 31/10/2025 : “Suppression des APL : un coup dur pour les étudiants maghrébins en France, la société civile se mobilise” – https://maghrebemergent.news/fr/suppression-des-apl-un-coup-dur-pour-les-etudiants-maghrebins-en-france-la-societe-civile-se-mobilise/
- La Marseillaise du 07/11/2025 ; “Les étudiants étrangers bientôt privés d’APL ?” – (voir l’image)

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