Université de Montpellier : après la milice, le choix de la police contre les étudiants ?

Lettre ouverte à Philippe Augé, président de l’Université de Montpellier – UM

Monsieur le président,

Vendredi 3 octobre 2025 marque un tournant inquiétant pour notre université.
Alors que l’institution universitaire se prétend être un lieu d’expression et de liberté pour les étudiantes et les étudiants, la présidence a choisi d’y faire intervenir les forces de l’ordre pour mettre fin à un mouvement de mobilisation.

Ce jour-là, les étudiantes et étudiants bloquaient la Faculté des Sciences dans le cadre du mouvement national « Bloquons tout », ainsi que dans le contexte de soutien international aux flottilles acheminant de l’aide humanitaire à Gaza, et en appelant notamment l’Université à inscrire les étudiantes et étudiants sans master.
Ces étudiantes et étudiants, qui après trois années de Licence validées, se retrouvent aujourd’hui exclus de leur propre université, sans solution, sans avenir, laissés sur le carreau par un système injuste instauré par la sélection sociale et raciste en Licence et Master;
Une décision qui brise des parcours, plonge des étudiantes et étudiants dans la précarité la plus totale : perte de bourse, perte de logement, et pour certains, perte de visa avec le risque d’expulsion du territoire.

Étudier est un droit. Ce droit doit être garanti à toutes et à tous, sans condition ni sélection sociale et raciste.

Les étudiantes et étudiants mobilisés appellent également à la fin de la précarité étudiante, dans une ville où se loger est devenu un véritable parcours du combattant.
Rappelons qu’en 2023, plus de 150 étudiants dormaient à la rue, qu’un étudiant sur deux saute des repas, et que la vie universitaire devient chaque jour plus insoutenable.
Nous refusons qu’une génération entière soit condamnée à survivre au lieu d’étudier dans la 7eme puissance mondiale.
Les étudiants demandent aussi à l’Université une transparence totale sur ses partenariats avec les entreprises d’armement.

Les étudiantes et étudiants se mobilisent, et continueront à le faire.
C’est notre droit le plus absolu, celui de refuser un avenir fait de précarité, de violence et d’indifférence.
Il est inacceptable que nos universités, lieux d’expression, de réflexion et de contestation, soient réprimées par la police sur la demande de nos propres directions universitaires.
Partout en France, la mobilisation étudiante est de plus en plus réprimée au sein même de ses campus.
Nous ne pouvons ni tolérer ni normaliser cette dérive autoritaire.
Nous n’accepterons jamais que la voix des étudiantes et étudiants soit réduite au silence par la peur, la force ou la répression.

L’histoire de de l’Université de Montpellier garde encore en mémoire les événements de 2018, lorsqu’un groupuscule d’extrême droite armé et cagoulé organisé par des professeurs de l’université avait tabassé des étudiantes et étudiants mobilisés contre la mise en place de la sélection en Licence avec Parcoursup.

Monsieur le Président, une question s’impose : allez-vous continuer à répondre par la force à la mobilisation de vos étudiants ?

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr 


  • Article du journal Midi Libre du 07/10/2025 : “Le SCUM écrit au président de l’Université de Montpellier” – (voir image)

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