Amphi fermé ce matin à la fac, le SCUM dénonce la sélection.

Ce mardi 4 février à 8h, les étudiants de Licence 2 Information-Communication à l’Université Paul-Valéry ont découvert une scène inhabituelle : rubalise de chantier, affichettes annonçant la « clôture » de l’amphithéâtre et distribution de tracts.

Cette fermeture symbolique organisée par le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM, le syndicat étudiant de Montpellier, visait à dénoncer la sélection drastique à l’entrée en Master. Ces places condamnées représentant les nombreux étudiants jetés à la rue de la fac après l’obtention de leur Licence.

Cette action intervient au lendemain de l’ouverture de MonMaster, plateforme jumelle de Parcoursup, où les étudiantes et étudiants sont soumis à une compétition féroce pour décrocher une place en Master. Les militants ont dénoncé une sélection sociale et raciste, qui exclut chaque année de nombreux étudiants, pourtant diplômés, des bancs de l’université.

Les conséquences de cette exclusion sont dramatiques : perte du statut étudiant, suppression des bourses et des logements CROUS, voire expulsion du territoire français pour les étudiants étrangers. Cette politique institutionnelle broyant des parcours de vie condamne une partie de la jeunesse à une précarité insupportable.

Parmi les facteurs déterminants de cette sélection opérée par les enseignants, les discriminations raciales sont particulièrement marquées. Selon une étude de l’Observatoire National des Discriminations dans l’Enseignement Supérieur (ONDES), les étudiants portant un patronyme nord-africain voient leur accès à l’université fortement limité.

Cette réalité illustre une tendance plus large où l’origine réelle ou présumée des étudiants constitue un déterminant crucial de la réussite universitaire, aux côtés du genre, de la classe sociale et du niveau d’études des parents. Ces discriminations systémiques renforcent les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur et produisent une logique élitiste.

En parallèle, la situation des étudiants étrangers est encore plus critique. Ces derniers subissent un cumul de précarités : difficultés d’accès au logement, à l’emploi et aux soins, souvent aggravées par des retards administratifs injustifiés dans la délivrance des titres de séjour. Ces retards les privent des APL et du droit de travailler, renforçant une situation de marginalisation économique. Pire encore, ils sont systématiquement exclus du système de bourses, ce qui représente une forme de discrimination institutionnalisée.

Les militants dénoncent également l’effet pervers d’une marchandisation croissante de l’enseignement supérieur : l’université se révèle être un outil de reproduction sociale de plus en plus réservé à une élite, au détriment de la mission dont elle s’affuble officiellement : garantir une éducation publique, gratuite et accessible à tous.

Face à cette politique d’exclusion, les militants ont appelé à la solidarité étudiante et à une mobilisation massive contre cette ségrégation universitaire déguisée en « méritocratie ». 

Cette lutte contre le tri social à l’université s’inscrit dans un combat essentiel pour l’égalité et la justice, pour défendre notre droit à un avenir.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr


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