Le SCUM de nouveau majoritaire à Paul-Valéry : les étudiants font le choix du combat contre la précarité et la sélection malgré les intimidations

Les 5 et 6 novembre 2024, se déroulaient les élections des différentes instances de direction de l’Université Montpellier Paul-Valéry.

Il s’agissait des premières élections de cette nouvelle université issue de la fusion de l’université Paul Valéry Montpellier 3 avec l’ENSAM (école d’architecture) et le CIMM (Centre International de Musique Médiévale)

Encore une fois, les étudiantes et étudiants ont massivement choisi de soutenir et d’encourager l’action du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM). C’est la deuxième fois dans cette université depuis notre victoire au scrutin de 2022. Notre liste, intitulée “SCUM – Supers Chatons Ultra Mignons contre la précarité et la sélection”, et soutenue par plusieurs associations, obtient plus de 48% des suffrages et 2 sièges sur 4 au Conseil d’Administration (CA) et plus de 45% et 7 sièges sur 16 au Conseil des Etudes (CEVU).

Un vote d’adhésion de la part des étudiantes et étudiants.

Depuis sa création en 2014, le SCUM initie un véritable travail d’accompagnement et d’aide aux étudiantes et étudiants, via notamment la tenue régulière de permanences syndicales au sein des différentes universités de Montpellier

Nos actions d’entraide sur le campus continuent de s’amplifier au fur et à mesure des années, comme en témoignent les nombreuses distributions alimentaires, de protections périodiques, de produits d’hygiène et de vêtements. Pour rappel, l’année dernière, le SCUM a distribué plus de 11 000 colis alimentaires aux étudiantes et étudiants précaires.

Après deux ans en tant qu’organisation majoritaire à l’Université Paul-Valéry, le travail acharné des élus du SCUM a permis de faire exonérer des centaines d’étudiants de leurs frais d’inscription, d’augmenter les budgets d’aide sociale, de simplifier les inscriptions pédagogiques, de maintenir la compensation et les rattrapages, de faire baisser le prix du café, de distribuer plusieurs milliers d’aides financières aux étudiantes et étudiants précaires, de mettre en place un crédit d’impression de 6€, de mettre en place un congé menstruel ou encore le vote pour la mise en place d’un partenariat avec l’Université de Birzeit en Palestine. 

Ce bilan, qui est le fruit de l’implication des étudiantes et étudiants bénévoles du SCUM, garantissait aux étudiants que notre programme ambitieux n’était donc pas une succession de promesses sans lendemain.

Une stratégie de lutte efficace et qui arrive à convaincre les étudiants.

Ce résultat est un véritable plébiscite pour la stratégie de lutte et de rapport de force efficace que le SCUM réalise depuis maintenant 10 ans sur l’Université Paul-Valéry. Un rapport de force relayé dans les instances de l’université par à un travail quotidien et une rigueur dans les instances de l’université, qui est également appuyé par des mobilisations et des manifestations sur le campus. Par exemple, c’est grâce à la lutte du SCUM que 83,7% des étudiantes et étudiants refusés en Master ont finalement été inscrits à l’université Paul-Valéry. Cette stratégie ne doit que perdurer pour permettre une avancée des droits étudiants !

Une campagne électorale d’une violence inédite 

Pour la première fois à l’université Paul Valéry, cette campagne électorale a été le théâtre d’une violence inédite, menée par des personnes venues d’autres villes pour soutenir certaines listes adverses.

Lors de la constitution des listes, des hommes extérieurs à l’université ont sillonné le campus afin de contraindre des étudiantes et étudiants à leur donner leurs documents de scolarité et leur signature afin de constituer les listes de l’UNI, une organisation nationale de droite et d’extrême-droite. À la suite du signalement de cette tentative de fraude, le SCUM est parvenu à faire invalider la liste de l’UNI au Conseil des Etudes. Grâce au SCUM, l’extrême droite a donc perdu toute forme de représentation institutionnelle au sein de l’université.

Malheureusement, les méthodes de violence se sont encore amplifiées pendant les 3 jours de campagne électorale.

Des personnes extérieures à l’université et tractant pour l’UNI ont fait usage de gazeuses lacrymogènes à l’entrée principale de l’université, entraînant une brève intervention policière.

L’UNEF-RS, une organisation chargée de défendre le bilan du maire de Montpellier auprès de la communauté étudiante a eu recours à des méthodes similaires. Une fébrilité qui s’explique par la difficulté du maire à défendre son bilan : la pénurie de logements étudiants et l’explosion de la précarité qu’elle entraîne pourrait faire perdre de précieuses voix au maire PS Michael Delafosse aux prochaines élections municipales.

C’est sur les consignes visibles et directes des responsables de l’UNEF-RS, qui ne sont pas étudiants à l’université Paul Valéry, qu’un commando d’hommes équipés de gants coqués, a sillonné le campus et ses abords, afin de traquer méthodiquement plusieurs de nos candidats, puis les menacer physiquement. 

Si la sécurité de l’université est intervenue contre ces nervis, nous tenons à signaler la complaisance de la présidence de l’université vis à vis de la présence des donneurs d’ordre de cette expédition sur le campus, qui bien que n’étant pas étudiants à l’université Paul Valéry, n’ont pas été inquiétés.

Mais l’extrême-droite et les crapules de la mairie n’ont pas été les seuls à s’illustrer par des méthodes de barbouzes : des dizaines de personnes venues de Toulouse et Paris se sont aussi illustrées par un harcèlement continu et méthodique des étudiantes et étudiants en les traitant de “pro-genocide” lorsque ceux-ci leur indiquaient vouloir voter pour une autre liste que celle du parti politique ”Le Poing Levé”.  

Nous nous félicitons qu’au final, les étudiantes et étudiants aient sanctionné ces pratiques par leur votes, reléguant ces groupes à des scores minoritaires.

Un appui massif pour les luttes à venir 

Nous remercions les 1694 étudiantes et étudiants de l’Université Paul-Valéry, qui par leur vote nous donnent une force incroyable pour continuer à lutter contre la précarité et la sélection. Ce soutien massif pour le SCUM est le reflet de notre engagement et nos actions pour améliorer les conditions de vie et d’étude des étudiantes et étudiants

Et malgré les attaques répétées et la répression de la part d’organisations enseignantes réactionnaires  durant ces deux dernières années envers les membres du SCUM et notamment contre Fabien, élu au Conseil d’Administration de l’Université Paul-Valéry qui avait été mis en section disciplinaire pour avoir dénoncé le racisme au sein de la sélection à l’Université. Les étudiantes et étudiants de l’Université Paul-Valéry, par ce vote refusent la sélection sociale qui a des conséquences désastreuses pour les étudiantes et étudiants. Une sélection sociale violente pour les plus précaires mais encore plus pour celles et ceux portant un nom maghrébin ou subsaharien. Le caractère raciste de cette sélection sociale a été démontré par une étude de l’ONDES publiée dans plusieurs journaux. Le SCUM dénonce depuis de nombreuses années cette sélection sociale, élitiste et raciste.

Nous sommes forts du soutien massif des étudiantes et étudiants, et forts de notre appartenance à des cadres d’organisation et de lutte comme le syndicat CNT-SO, l’intersyndicale interprofessionnelle de Montpellier ou encore l’Union Etudiante, principal syndicat étudiant du pays. Nous saurons utiliser cette force pour, sans concessions, faire avancer nos luttes contre la sélection, ainsi que nos projets comme la mise en place d’une épicerie gratuite.

Nous rappelons que c’est notre force collective et notre capacité à instaurer un rapport de force face à la présidence de l’université, et plus largement contre le gouvernement, qui permettra d’obtenir des victoires supplémentaires. Que ce soit à l’université comme dans le monde du travail, nous ne voulons pas de la vie de précarité et d’exploitation que nous impose le capitalisme.

Nous appelons les étudiantes et étudiants à rejoindre massivement le Syndicat de Combat Universitaire afin de défendre ensemble notre droit à un avenir !

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr


Résultats des élections étudiantes des 5 et 6 novembre 2024 (et comparatif avec les résultats de 2022)

CA  (conseil d’administration) : 4 sièges à pourvoir

Participation : 18,42%

  • SCUM : 1694 voix 48,06%, 2 sièges sur 4 (= siège) 
  • Le Poing levé : 664 voix,  18,84% 1 siège sur 4 (+1 siège) 
  • Solidaires Étudiant-e-s : 603 voix 17,11%,  1 siège sur 4 (=1 siège) 
  • Unef-Rs : 259 : 7,35% pas de siège 
  • Uni : 247 voix, 7,01% pas de siège 
  • Des étudiants qui vous ressemblent : 58 voix 1,68% pas de siège ( – 1 siège) 

CEVU (conseil des études et de la vie universitaire) : 16 sièges à pourvoir

Participation : 17,96%

  • SCUM : 1489 voix 45,09%, 7 sièges sur 16 (-1 siège / + 433 voix) 
  • Le Poing levé : 634 voix,  19,20% 3 sièges sur 16 (+ 1 siège/ + 426 voix) 
  • Solidaires Étudiant-e-s :  596 voix,  18,05% 3 siège sur 16 (+1 siège / + 354 voix) 
  • Lapinou (Corpo Lettres) : 320 voix,   9,69% 2 sièges sur 16 (+1 siège/ + 178 voix ) 
  • Unef-Rs : 263 voix, 7,96% 1 siège sur 16 (+1 siège / pas de liste l’année précédente) 
  • L’UNI et “Des Étudiants qui vous ressemblent” n’avaient pas de liste pour le CEVU.

No comments yet

  1. […] Cette journée d’échanges et de discussion a été l’occasion de faire un retour critique de nos actions depuis notre dernière assemblée générale de juin 2024 : lutte pour faire inscrire les étudiants « sans-fac », mobilisation avec les sans logement, distributions alimentaires et de protections périodiques, mobilisations contre le gouvernement, élections étudiantes de l’université Paul Valéry…etc […]

Leave a Reply to Précarité, sélection, racisme et féminisme : le SCUM définit ses priorités pour 2025 lors de son assemblée semestrielle | Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUMCancel Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *