
Les étudiantes et étudiants de la Faculté de Droit et Sciences Politiques de Montpellier ont de quoi être soulagés. Dans une décision rendue vendredi 27 septembre 2024, le Conseil d’Etat a définitivement révoqué le professeur d’histoire du droit Jean-Luc Coronel de Boissezon.
Cet enseignant d’extrême-droite, proche de Marion Maréchal-Le Pen, avait dirigé le commando armé et cagoulé qui avait tabassé des étudiantes et étudiants le 22 mars 2018, en envoyant plusieurs grièvement blessés à l’hôpital. Par la violence, il s’agissait pour lui et son commando, avec la complicité du Doyen de l’époque Philippe Pétel, de réprimer dans le sang les étudiantes et étudiants mobilisés contre la loi ORE, loi qui a instauré Parcoursup et généralisé la sélection à l’entrée de l’université.
Suite au scandale qu’ont provoqué les images de ces enseignants tabassant des étudiantes et étudiants dans un amphithéâtre, ce professeur avait été suspendu de l’enseignement public pendant 4 ans par le CNESER. Cette première sanction extrêmement légère décidée par d’autres enseignants apparaissait comme une forme de validation de l’acte perpétré. Finalement, tabasser des étudiantes et étudiants pour imposer le tri social et élitiste à l’université n’a pas semblé provoquer un grand scandale parmi les représentants de la communauté enseignante qui siègent au CNESER.
Cette mansuétude s’inscrit dans un contexte de progression de l’extrême-droite et d’un accroissement de la répression antisyndicale au sein des universités partout en France. A cet égard, le fait qu’il ait fallu attendre une décision du Conseil d’Etat pour que le meneur d’un commando armé d’extrême-droite soit révoqué donne un éclairage cruel sur la réalité de l’enseignement supérieur.
Dans les deux universités de Montpellier, la situation depuis 2018 n’évolue pas dans le bon sens, alors que plusieurs membres du commando n’ont toujours pas été inquiétés par la justice. Certains miliciens avaient pourtant été identifiés comme leurs propres professeurs par plusieurs étudiantes et étudiants tabassés.
La lutte contre la sélection reste toujours d’actualité. En cette rentrée 2024, des dizaines d’étudiantes et d’étudiants diplômés de Licence se voient toujours refusés en Master, et des enseignants vont jusqu’à nier l’existence d’études scientifiques sur les discriminations racistes dans l’enseignement supérieur. Certains professeurs tentent même de faire exclure les élus étudiants qui portent une parole anti-raciste dans les instances, à l’image de ce qui s’est passé à l’université Paul-Valéry en juin 2024.
On constate ici un véritable continuum entre la défense des politiques de sélection sociale, la répression armée et disciplinaire mais aussi avec la promotion de discours d’extrême-droite dont la négation de l’existence du racisme.
Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM appelle les étudiantes et étudiants à la vigilance et à s’engager dans les mobilisations portées par le syndicat, pour que chacune et chacun ait le droit à un avenir !
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr – www.combatuniversitaire.wordpress.com
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